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30/01/2018 04:41 EST

Catalogne: les grandes dates de la montée de l'indépendantisme

Les grandes dates de la montée de l'indépendantisme en Catalogne, région du nord-est de l'Espagne, théâtre de la plus grande crise politique qu'ait connu le pays depuis son retour à la démocratie en 1977.

- Statut plus autonome en 2006, en partie annulé en 2010 -

En mars 2006, le Parlement espagnol adopte un nouveau statut renforçant l'autonomie de la Catalogne, définie comme "nation" à l'intérieur de l'Etat espagnol.

En juillet, le Parti populaire (PP) du conservateur Mariano Rajoy, alors dans l'opposition, conteste ce statut devant la Cour constitutionnelle, le qualifiant d'"antichambre du démembrement de l'Espagne".

En juin 2010, la Cour constitutionnelle annule une partie du statut, estimant que la référence à la Catalogne comme "nation" n'a "aucune valeur juridique". Elle rejette l'usage du catalan comme langue "préférentielle" dans les administrations et médias. Après cette "humiliation", des centaines de milliers de Catalans manifestent.

- 2012-2016: montée en puissance des séparatistes -

Le 11 septembre 2012, jour de la fête de la Catalogne, plus d'un million de personnes manifestent à Barcelone pour un nouvel Etat, dans un contexte de grave crise financière.

Le 20 septembre, M. Rajoy, Premier ministre depuis 2011, refuse de négocier avec le président catalan Artur Mas une plus grande autonomie budgétaire de la région. M. Mas remporte en novembre les élections régionales et promet un référendum d'autodétermination.

Le 9 novembre 2014, la Catalogne se prononce à 80% pour l'indépendance lors d'une consultation symbolique, déclarée anticonstitutionnelle, avec une participation estimée à 35% de l'électorat.

Le 27 septembre 2015, les partis indépendantistes obtiennent la majorité des sièges au Parlement régional, lequel adopte le 9 novembre une résolution sur un processus devant aboutir à "un Etat catalan indépendant prenant la forme d'une république" au plus tard en 2017. La Cour constitutionnelle annule cette résolution.

Le 10 janvier 2016, le séparatiste Carles Puigdemont devient président de la région.

- 2017-2018: référendum contesté, indépendance annulée -

En juin 2017, M. Puigdemont annonce un référendum d'autodétermination pour octobre, mais la loi régionale qui permet d'organiser la consultation est suspendue par la Cour constitutionnelle en septembre.

A l'approche du scrutin des responsables catalans sont arrêtés, des bulletins saisis, d'importantes manifestations pro et anti-indépendance s'organisent.

Le 1er octobre, jour du référendum, les forces de l'ordre interviennent pour saisir des urnes dans au moins une centaine de bureaux de vote. Des images de violences policières font le tour du monde.

M. Rajoy estime que le référendum ne s'est pas tenu, le gouvernement séparatiste annonce la victoire du "oui" à 90%, avec une participation de 43% selon des résultats invérifiables.

Le 3, le roi Felipe VI demande que soit rétabli l'ordre constitutionnel, alors que des manifestations dénoncent les violences policières, sur fond de grève générale en Catalogne.

Le 27, le parlement de Catalogne vote, par 70 voix sur 135, la déclaration d'indépendance unilatérale. Madrid suspend de facto l'autonomie régionale, destitue l'exécutif séparatiste de Carles Puigdemont, dissout son parlement et convoque des élections régionales pour la fin de l'année.

Le 21 décembre, les partis indépendantistes remportent une majorité absolue de sièges, 70 sur 135, avec un taux de participation de près de 82%. Parmi ces élus, trois sont emprisonnés et cinq en exil volontaire à Bruxelles depuis presque deux mois, dont Carles Puigdemont.

Le 22 janvier 2018, Carles Puigdemont est désigné candidat à la présidence de la Catalogne, mais le gouvernement espagnol assure qu'il saisira la justice pour l'empêchera de diriger à nouveau la Catalogne.

Le 27 janvier, la Cour constitutionnelle encadre strictement la séance d'investiture: M. Puigdemont devra être présent et avoir obtenu au préalable l'autorisation du juge chargé des poursuites le visant pour assister à la session. Une autorisation refusée à son ancien vice-président Oriol Junqueras, incarcéré près de Madrid.

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