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29/01/2018 15:08 EST | Actualisé 29/01/2018 15:24 EST

Le président des Grammys, Neil Portnow, explique que les artistes féminines devraient «élever leur jeu d'un cran»

Le mot-clic #GrammysSoMale est rapidement devenu viral.

Slaven Vlasic via Getty Images

Suite à la soixantième cérémonie des Grammy Awards, dimanche soir, plusieurs ont remarqué que SZA, l'artiste la plus nominée, était rentrée bredouille.

Lorde, qui était la seule femme nominée pour l'album de l'année, ne s'est pas fait offrir l'opportunité de performer en solo. Elle s'est néanmoins fait proposer de participer à un hommage à Tom Petty, une opportunité qu'elle a refusée, selon Variety.

Ceci n'est pas passé inaperçu, puisque le mot-clic #GrammysSoMale est rapidement devenu viral. Selon un article du New York Times, pris en photo par la mère de Lorde, Sonja Yelich, sur Twitter, seulement 9 % des nominés des six derniers gala des Grammys étaient des femmes.

«Ça dit tout», a-t-elle écrit.

Le journaliste Phil Buck a d'ailleurs créé un graphique pour illustrer l'inégalité entre les genres aux Grammy Awards.

Lorde a moqué les événements en tweetant : «Si vous débattez du fait que je puisse offrir une performance enlevante... Venez le voir par vous-même!»

Neil Portnow, le président de l'Académie nationale des arts et des sciences, qui organise le gala, a expliqué à Varietyque les femmes devraient «élever leur jeu d'un cran».

«Ça commence avec les femmes qui ont de la créativité dans leur coeur et leur âme, qui veulent être musiciennes, ingénieures ou productrices, qui veulent faire partie de l'industrie à un niveau exécutif... Elles doivent élever leur jeu d'un cran, parce que je pense qu'elles seraient les bienvenues. Je n'ai pas l'expérience personnelle de ce type de mur auquel elles font face, mais je crois que c'est notre responsabilité, en tant qu'industrie, d'améliorer l'accueil et de créer des opportunités pour tous ceux et celles qui veulent être créatifs», a-t-il révélé à Variety.

Quant à Ken Ehrlich, le producteur des Grammys, il a refusé de commenter. «Ce n'est pas à moi de répondre à cette question. Je produis une émission de télévision», a-t-il noté.

Ehrlich s'est aussi fait demander s'il pensait que l'absence de Lorde était une erreur. «Je ne sais pas si c'était une erreur. Ces émissions sont une affaire de choix. On a une case horaire et elle se remplit. Son album est excellent. On ne peut pas vraiment composer avec tout le monde», a-t-il expliqué à Variety.

Si Lorde n'a pas chanté dimanche, plusieurs femmes l'ont fait, dont Lady Gaga, Rihanna, Cardi B, Kesha et P!nk.

SZA est montée sur scène pour chanter Broken Clocks. La nominée de cinq Grammys est toutefois repartie bredouille de la cérémonie.

Quant à Lorde, elle n'a pas passé un message que sur Twitter. Sur sa robe rouge Valentino, un poème féministe de l'artiste américaine Jenny Holzer était cousu.

«Seulement de terribles circonstances peuvent précipiter le renversement des oppresseurs. Le vieux et le corrompu doit être jeté avant que le juste triomphe», note-t-il.

À noter que seulement deux femmes ont gagné un Grammy dimanche soir : Alessia Cara pour Révélation de l'année, et Rihanna pour Meilleure performance chantée (rap) pour son apport à la chanson Loyalty de Kendrick Lamar.

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