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25/01/2018 05:55 EST

Vienne et Ankara veulent ouvrir "une nouvelle page" dans leurs relations

Ankara et Vienne ont affiché jeudi leur volonté d'améliorer leurs relations, tendues par l'opposition du nouveau gouvernement autrichien à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Cette volonté a été exprimée par le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu et son homologue autrichienne Karin Kneissl à Istanbul. Il s'agit de la première rencontre entre responsables des deux pays depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement autrichien.

M. Cavusoglu a évoqué un échange "cordial" portant notamment sur les moyens "d'ouvrir une nouvelle page dans leur relations".

Mme Kneissl a ajouté que les discussions ont "dépassé les attentes" même s'"il y a de nombreux points où nous avons des différences".

Le parti autrichien d'extrême droite FPÖ est entré en force dans le nouveau gouvernement de coalition constitué en décembre, provoquant l'inquiétude de l'UE après une année marquée par les succès de l'extrême droite en Europe.

Mme Kneissl, une diplomate de carrière polyglotte, n'est pas membre du FPÖ mais en partage certaines opinions, utilisant notamment un langage ferme sur l'immigration et l'UE.

Le programme de son gouvernement assure que Vienne s'opposera à l'adhésion de la Turquie à l'UE, ce qui avait provoqué la colère d'Ankara. M. Cavusoglu avait dénoncé en décembre une "déclaration dénuée de tout fondement et à courte vue".

La cheffe de la diplomatie autrichienne n'a pas laissé transparaître jeudi la moindre flexibilité sur la question. "L'attitude de l'Autriche à l'égard de l'adhésion (de la Turquie) est bien connue", a-t-elle déclaré. "Nous sommes surtout préoccupés par l'amélioration de l'atmosphère de notre relation".

Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE sont au point mort depuis la tentative de coup d'Etat militaire de 2016 et la vague de répression qui a suivi.

Mais Ankara a affiché plus tôt cette année une volonté d'améliorer ses relations avec les pays membres de l'UE, le président Recep Tayyip Erdogan se rendant à Paris et M. Cavusoglu en Allemagne.

"Nous voulons améliorer nos relations avec le monde entier", a assuré jeudi M. Cavusoglu, dont le gouvernement est à nouveau critiqué sur la scène internationale du fait de son intervention en Syrie pour éliminer une milice kurde alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique mais considérée comme "terroriste" par Ankara.

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