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25/01/2018 07:11 EST

Un responsable américain ne voit aucune alliance stratégique avec Moscou en Syrie

Le président de la Chambre des représentants américaine, Paul Ryan, a déclaré jeudi exclure une "alliance stratégique" entre les Etats-Unis et la Russie en Syrie, indiquant par ailleurs que Washington se concentrait sur la "menace iranienne" au Moyen-Orient.

"Je ne vois pas une alliance stratégique, peut-être une symétrie tactique pour un moment approprié" entre Moscou et Washington dans la Syrie en guerre, a dit M. Ryan lors d'un débat public à Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, au lendemain d'une visite en Arabie saoudite.

"Pas d'alliance stratégique", a répété le responsable parlementaire républicain, "et je ne pense pas que la Russie envisage cela non plus".

"Ce qui importe le plus pour nous en Syrie, c'est de défaire l'EI (groupe Etat islamique) et d'empêcher l'Iran d'avoir un pont terrestre et (son allié) le Hezbollah un ancrage", a poursuivi le responsable parlementaire américain.

"Reste à savoir si c'est quelque chose que la Russie accepterait", s'est-il demandé. "Peut-elle restructurer ses relations avec l'Iran ou les rompre pour qu'on ait une alliance tactique?"

En Syrie, la Russie est alliée au régime du président Bachar al-Assad qui s'appuie également sur l'Iran et le Hezbollah libanais. Washington a de son côté soutenu des groupes rebelles opposés au président Assad, en plus de son appui à une force kurdo-arabe syrienne engagée dans la lutte contre les jihadistes de l'EI.

"Nous sommes concentrés sur la menace iranienne par rapport à la stabilité régionale" au Moyen-Orient, a précisé M. Ryan, ajoutant que l'administration du président Donald Trump "cherche à tenir le régime (de Téhéran) pour responsable (de ses actions) et prend des mesures concrètes pour faire reculer l'expansionnisme iranien".

- 'Inexcusable' -

Au cours du débat, Paul Ryan a également évoqué la guerre au Yémen et la coopération militaire entre les Emirats arabes unis et les Etats-Unis dans la lutte antijihadiste et contre le réseau Al-Qaïda dans le sud.

"Nos troupes (américaines et émiraties) combattent maintenant côte à côte dans une situation dangereuse pour préserver notre paix et notre sécurité", a-t-il dit.

Depuis leur intervention militaire au Yémen en 2015, les Emirats arabes unis consacrent une partie de leurs efforts à la lutte contre Al-Qaïda.

De leur côté, les Etats-Unis, depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2017, ont intensifié leurs attaques de drone contre les jihadistes, tout en menant des opérations ponctuelles de commandos au sol avec des forces émiraties.

Les Emirats sont intervenus au Yémen aux côtés de l'Arabie saoudite principalement pour aider le gouvernement internationalement reconnu face aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, qui contrôlent la capitale Sanaa et le nord du pays depuis 2014.

L'ambassadeur des Emirats à Washington, Youssef Al Otaiba, qui participait au débat avec Paul Ryan, a profité de la tribune pour attaquer l'Iran.

"Il est inexcusable que des pays fournissent des missiles aux Houthis du Yémen qui sont tirés sur l'Arabie saoudite", a-t-il dit. "Aujourd'hui, c'est l'Arabie saoudite, après ça sera les Emirats et Dieu seul sait à qui ça sera le tour ensuite".

M. Otaiba s'est prononcé pour des sanctions ciblées contre Téhéran, "des sanctions liées à la menace des missiles, au financement du terrorisme" et qui "n'affectent pas l'accord nucléaire" international conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances internationales.

atm-ras/mer