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25/01/2018 09:33 EST

Trump et May affichent à Davos une "excellente relation", les Européens plus réservés

Si le président américain Donald Trump et la Première ministre britannique Theresa May ont affiché jeudi à Davos une "excellente relation", les Européens ont refroidi l'ambiance en prévenant que la question du Brexit n'était pas réglée, loin de là.

"Je pense que nous sommes sur la même longueur d'onde sur tous les plans", a dit le président américain après une rencontre bilatérale.

"Il y a des gens qui n'y croient pas, mais je peux vous dire que j'ai un immense respect pour la Première ministre et le travail qu'elle fait", a encore déclaré Donald Trump, qui participe jeudi et vendredi au Forum économique mondial.

La cheffe du gouvernement britannique a renchéri dans la démonstration d'amitié, tenant visiblement à tourner la page après des mois de tensions entre les deux dirigeants, et leurs pays.

"C'était un grand plaisir de vous voir", a-t-elle déclaré, "nous avons eu une excellente discussion. La relation entre le Royaume-Uni et les États-Unis reste excellente".

L'imprévisible chef d'État a semblé jeudi se mettre au diapason du Forum de Davos, grand-messe du libre-échange et du multilatéralisme consensuel, en insistant sur les relations commerciales entre les deux alliés.

Donald Trump a évoqué l'accord bilatéral visant à lier Londres et Washington après le Brexit, qui va selon lui "énormément augmenter les échanges entre nos deux pays".

Son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a dit que les discussions sur un accord commercial pourraient commencer "dès que le Royaume-Uni serait prêt".

Sauf qu'avant, il faut encore trouver un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et que ce ne sera pas facile, ont rappelé à Theresa May ses partenaires européens.

- La gaffe de Cameron -

Londres reste pour l'instant lié par les règles de l'UE, qui prévoient que toute négociation commerciale ne puisse être menée qu'à échelle européenne.

"La Grande-Bretagne ne peut négocier ni avec les États-Unis, ni avec quiconque", a mis en garde la commissaire au Commerce Cecilia Malmström, également présente à Davos.

Londres "ne peut commencer à négocier avant d'être formellement sortie (de l'UE) le 31 mars 2019", a-t-elle insisté.

Les deux parties ont trouvé un accord de principe sur le Brexit en décembre mais doivent commencer en février des négociations sur les modalités du divorce, qui s'annoncent compliquées.

Le ministre des Finances britannique Philip Hammond a souhaité à Davos que l'UE et le Royaume-Uni entretiennent à l'avenir "la relation commerciale la plus étroite possible".

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, dont le pays a beaucoup à perdre en cas de Brexit chaotique, a lui aussi plaidé pour un partenariat "très proche".

"Mais le Royaume-Uni doit comprendre que s'il veut un accès" à un marché de 450 millions de personnes, "il y a des responsabilités, un coût et des obligations", a-t-il précisé à des journalistes.

Le ministre des Finances français Bruno Le Maire a lui averti qu'il n'était pas question pour les Britanniques de "pick and choose" (choisir à la demande), c'est-à-dire de faire leur marché en gardant par exemple des liens commerciaux étroits mais en refusant, par exemple, la Cour de justice européenne.

David Cameron a lui mis les pieds dans le plat.

L'ancien Premier ministre britannique à l'origine du référendum sur le Brexit et qui avait milité contre la sortie de l'UE, estime à présent que ce n'est "pas un désastre".

"Comme je n'arrête pas de le dire, c'est une erreur, pas un désastre. La situation est moins pire que ce que nous avions prévu", a lancé M. Cameron mercredi à Davos, en pleine discussion avec le magnat indien de l'acier Lakshmi Mittal.

"Mais ça va quand même être difficile", a ajouté M. Cameron dont le bref échange a été filmé et diffusé notamment sur la chaîne Channel 5 News.

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