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25/01/2018 07:11 EST

Plus de 20 tués en 24 heures au Mali

Plus de 20 personnes, en majorité des civils, ont péri dans des attaques au Mali en l'espace de 24 heures, au moment où l'ONU donnait aux signataires de l'accord de paix de 2015 deux mois pour prouver leur bonne volonté.

La situation semble particulièrement se détériorer dans le centre du Mali, aux confins du Burkina Faso et du Niger, zone sur laquelle se concentrent les permières opérations de la force conjointe antijihadiste du G5 Sahel, regroupant ces trois pays, la Mauritanie et le Tchad.

Treize civils venant du Burkina Faso pour une foire hebdomadaire dans le centre du Mali ont été tués jeudi lorsque leur véhicule a sauté sur une mine, selon un bilan provisoire.

"Treize civils maliens et burkinabè ont été tués jeudi près de la localité de malienne de Boni, lorsque le véhicule dans lequel ils étaient a sauté sur une mine", a déclaré à l'AFP Mahmoud Traoré, un élu de la région de Mopti, dont dépend Boni.

Une source de sécurité malienne a incriminé "les terroristes qui utilisent ces mines pour semer la terreur", faisant état de "13 personnes mortes sur le coup" et d'un blessé "dans un état critique".

Selon un autre élu local, témoignant sous le couvert de l'anonymat, "le véhicule de forains", a quitté tôt le Burkina Faso pour le marché hebdomadaire qui se tient jeudi à Boni. "A son bord, on comptait sept commerçants burkinabè et des Maliens. A 9 km de la ville de Boni, le véhicule a explosé après avoir sauté sur une mine".

Le 6 novembre, cinq civils, dont une adolescente, avaient été tués lorsque l'autocar qui les amenait vers une foire hebdomadaire avait roulé sur une mine près d'Ansongo (nord-est).

- Malaise dans l'armée malienne -

Par ailleurs, également dans le centre du pays, l'armée malienne a annoncé avoir tué cinq assaillants et perdu deux militaires en repoussant deux attaques jihadistes présumées aux premières heures jeudi.

A Youwarou, "deux militaires ont été tués, ainsi que cinq terroristes" dans l'attaque d'un poste de sécurité, selon des sources militaires.

L'autre attaque, qui n'a pas fait de victime, selon l'armée, s'est produite dans le secteur où 36 gendarmes maliens avaient déserté la semaine dernière pour prendre la direction de Bamako, où ils ont été mis aux arrêts dans l'attente de leur comparution en conseil de discipline.

Autre signe du malaise au sein de l'armée, un sergent en poste dans le centre du Mali a été arrêté et transféré à Bamako cette semaine pour avoir publié une vidéo dans laquelle il critiquait la hiérarchie militaire et la gouvernance du pays.

"Malgré un premier rappel à l'ordre, un sous-officier s'épanche toujours et encore dans les réseaux sociaux, il est puni donc pour indiscipline militaire", a commenté jeudi l'armée malienne sur son page officielle Facebook.

Par ailleurs, deux douaniers maliens ont été tués mercredi un peu plus à l'ouest, à environ 200 km au nord de Bamako, dans une attaque qui a coûté la vie à l'un de ses auteurs, selon des sources de sécurité.

Lors d'une réunion mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a sommé le gouvernement et les groupes armés maliens, signataires de l'accord de paix de 2015, d'en relancer l'application, sous peine de sanctions.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature de l'accord, censé isoler définitivement les jihadistes, mais dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Face à la dégradation de la situation aux confins de ces trois pays, le G5 Sahel a réactivé en 2017, avec le soutien de la France, son projet de force conjointe antijihadiste, initialement lancé en novembre 2015.

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