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25/01/2018 08:57 EST

Mercosur: Macron rencontre Macri pour lui exposer les "lignes rouges" de la France

Le président français Emmanuel Macron va exposer vendredi à son homologue argentin les "lignes rouges" que la France ne souhaite "pas dépasser" dans le cadre d'un éventuel futur accord commercial UE-Mercosur, en particulier dans le secteur de la viande de boeuf.

"Nous aurons une discussion nourrie" avec le président argentin Mauricio Macri, a indiqué M. Macron dans un discours aux agriculteurs français prononcé jeudi dans le Puy-de-Dôme (centre de la France).

Selon M. Macron, l'accord en cours de négociation entre l'Union européenne d'une part et le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay d'autre part - très décrié par les éleveurs bovins français - "peut être bon si nos lignes rouges sont tenues".

"Il est clair que ce sera un défi porté en particulier pour la filière bovine puisqu'il permettra de faire rentrer des volumes" de viande sud-américaine sans droit de douane dans les pays européens, a-t-il admis, après avoir remercié le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, d'avoir "résisté" en fin d'année 2017 "à un accord que beaucoup poussaient", et qui "aurait été mauvais pour la viande, le sucre et l'éthanol".

Il a tracé au moins deux des lignes rouges en question, l'une sociale, l'autre environnementale: "On ne peut pas prendre des accords qui favorisent un acteur industriel ou agricole à des milliers de kilomètres qui a un autre modèle social ou un modèle environnemental qui fait le contraire de ce que nous imposons à nos propres acteurs" a-t-il dit.

Si les deux blocs parviennent à un accord commercial, des milliers de tonnes de boeuf latino-américain produit industriellement entreraient chaque année en Europe sans droit de douane.

Selon les calculs de l'Institut de l'élevage, les prix de vente pourraient alors baisser de 10%, et 25.000 à 30.000 emplois pourraient disparaître dans la filière en France, affirme la Fédération nationale bovine (FNB).

Pour rassurer les éleveurs, M. Macron a rappelé que le marché turc de la viande bovine était en train de se rouvrir "activement", ainsi que le marché chinois à la suite de son récent voyage à Pékin, et que "l'accord négocié avec le Japon est un très bon accord en particulier pour la viande".

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