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25/01/2018 18:00 EST

Les Tchèques appelés à choisir entre leur président pro-russe et son rival pro-européen

Le chef de l'Etat sortant, le pro-russe Milos Zeman ou son rival pro-européen Jiri Drahos ? Les électeurs tchèques tranchent vendredi et samedi et chaque voix compte car une marge étroite devrait séparer les deux candidats à la présidence.

M. Zeman, 73 ans, vétéran de la gauche connu aussi pour ses opinions pro-chinoises et anti-musulmanes et bénéficiant d'un fort soutien en province, a obtenu 38,56% au premier tour, tandis que M. Drahos, 68 ans, en a réuni 26,60%, grâce notamment aux électeurs de Prague et d'autres grandes villes.

M. Drahos était initialement donné favori à l'issue du premier tour, du fait que la plupart des sept autres candidats lui ont apporté leur soutien.

A la veille du second tour, la balance penchait toutefois du côté du président sortant.

M. Zeman s'est montré particulièrement à l'aise lors du premier des deux débats de l'entre-deux-tours, face à un adversaire désavantagé par son manque d'expérience politique et pris au dépourvu par une atmosphère houleuse dans la salle.

L'ultime duel, diffusé jeudi soir par la télévision publique, était sensiblement plus équilibré.

Milos Zeman est le "symbole de la division" du pays et le "représentant d'une époque politique révolue", qui "n'a plus rien à offrir à ce pays", a attaqué Jiri Drahos.

Le président sortant, de son côté, a mis en avant ses 25 ans d'expérience politique et affirmé que son adversaire ne comprenait "pas du tout la politique".

"Je suis plutôt content de ne pas avoir une expérience politique telle que la vôtre", lui a rétorqué M. Drahos.

Jeudi, au terme d'une campagne tendue et ponctuée d'un grand nombre de fausses informations, les principales agences de paris tablaient sur une victoire de M. Zeman, avec la cote de 1,55, contre 2,55 pour son adversaire.

- "Ce pays est à nous" -

Dans un pays majoritairement opposé à l'accueil des migrants, M. Zeman - souvent taxé de populiste - n'a manqué aucune occasion pour attaquer son rival sur ce thème. Il a notamment rappelé qu'en juin 2017, M. Drahos avait dit qu'"accueillir quelque 2.600 réfugiés ou migrants, une fois contrôlés du point de vue de la sécurité, ne devrait poser aucun problème".

Dans tout le pays, les affiches de campagne du président sortant reprennent ce thème, en proclamant "Halte aux immigrants et à Drahos. Ce pays est à nous! Votez Zeman!".

"Choisissons un changement! La décence est une force!", peut-on lire à l'inverse sur celles de M. Drahos.

Le président sortant semble surtout mobiliser un grand nombre d'électeurs contre lui: parmi ceux qui veulent voter Drahos, 42% disent vouloir surtout éviter une réélection de son adversaire, selon une enquête de l'agence STEM/MARK publiée en début de semaine. En face, l'électorat négatif hostile au candidat pro-européen est moins important (17%).

S'il ne dispose pas de prérogatives aussi étendues qu'aux Etats-Unis ou en France, le président tchèque désigne le Premier ministre en fonction du résultat des élections législatives et nomme ensuite le gouvernement.

Il entérine les lois adoptées par le Parlement et nomme aussi les membres du conseil de la banque centrale CNB, les juges et les professeurs d'université.

Le poste de chef de l'Etat bénéficie d'une autorité incontestable parmi les Tchèques, encore accentuée par le fait qu'il officie au Château de Prague, l'imposante ancienne résidence des rois de Bohême, sur une majestueuse colline dominant la "ville aux cent tours".

Les bureaux de vote seront ouverts vendredi de 13H00 à 21h00 GMT, puis samedi de 07H00 à 13H00 GMT. Le résultat sera connu samedi après-midi.

jma/via/ab