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25/01/2018 11:02 EST

Les Européens devraient être "aux côtés" d'Ankara sur l'offensive d'Afrine (ministre turc)

La Turquie voudrait que les Européens soient "à ses côtés" à propos de son offensive contre la milice kurde YPG dans le nord de la Syrie, a déclaré jeudi à l'AFP le ministre turc aux Affaires européennes, Omer Celik, venu défendre l'opération à Bruxelles.

"Ce que nous voulons entendre de la part de nos alliés et amis, ce qu'ils devraient dire est : +Nous sommes avec la Turquie, nous sommes aux côtés de la Turquie quand il s'agit de lutter contre le terrorisme (...) en particulier quand il s'agit de nettoyer Afrine de ses éléments terroristes+", a-t-il déclaré.

"Car la Turquie a des intérêts de sécurité légitimes" pour justifier cette opération qui a suscité de vives inquiétudes de la communauté internationale, a-t-il assuré. "A ce jour, il y a eu depuis Afrine plus de 700 tirs de harcèlement qui ont atteint la Turquie. Nous ne pouvons tolérer cela !".

"Nous avions clairement dit à nos amis et alliés qu'ils ne devaient pas soutenir les YPG", a ajouté M. Celik, assurant que la Turquie avait - en vain - proposé aux Occidentaux de "faire cette opération ensemble" avant de se lancer "toute seule".

Cette milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), est notamment soutenue par les Etats-Unis qui en a fait son alliée sur le terrain pour la reconquête des territoires syriens aux mains du groupe Etat islamique.

Mais Ankara accuse la milice d'être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), engagé dans une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

M. Celik s'exprimait à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini.

Mme Mogherini s'était dite en début de semaine "extrêmement inquiète" au sujet de l'offensive turque. Elle a réclamé que "l'accès humanitaire soit garanti et que la population ne souffre pas des activités militaires sur le terrain" et demandé que la "stratégie" militaire de la Turquie soit "focalisée contre Daech".

Elle a également exprimé sa crainte que cette opération ne compromette "gravement la reprise des négociations" de paix, jeudi à Vienne, entre l'opposition syrienne et le régime de Bachar al-Assad.

M. Celik s'est employé à lui répondre point par point, assurant que la Turquie "compte parmi les pays les plus transparents quand il s'agit d'accès humanitaire".

"En fait, c'est la Turquie qui mène la lutte la plus déterminée contre Daech, mais les YPG sont également une organisation terroriste", a-t-il assuré. Dans le conflit syrien, cette milice "coopère avec la Russie dans certaines zones, avec les Etats-Unis dans d'autres, avec le régime d'Assad dans d'autres zones et avec Daech dans d'autres encore".

Le ministre turc a également regretté "l'impasse" dans laquelle se trouvent les relations entre son pays et l'UE en raison de la répression qui a suivi le coup d'Etat manqué de juillet 2016 en Turquie.

Mais, a-t-il prévenu, "il n'est pas acceptable de suggérer, de recommander une solution autre que la pleine adhésion (à l'UE), comme le partenariat privilégié" vanté par le président français Emmanuel Macron en recevant son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Paris début janvier.

"La Turquie n'évite pas de travailler sur les sujets des droits de l'homme, de l'Etat de droit ou de la liberté d'expression", a plaidé M. Celik en demandant l'ouverture de nouveaux chapitres, notamment sur la justice, dans les négociations d'adhésion avec l'UE. "Asseyons-nous ensemble et travaillons-y !".

axr/jh