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25/01/2018 09:31 EST

Le Venezuela va faire appel à Interpol contre l'ex-patron de PDVSA

Le parquet vénézuélien a annoncé jeudi qu'il allait demander à Interpol de délivrer une "notice rouge", signalant aux pays membres de cette organisation qu'une personne est recherchée, contre l'ex-président du groupe pétrolier d'Etat PDVSA Rafael Ramirez pour corruption présumée.

Les "notices rouges" délivrées par l'agence de coopération policière internationale, dont le siège est à Lyon (France), sont des messages d'alerte par lesquels Interpol informe ses 190 États membres, à la demande de l'un d'entre eux, qu'un mandat d'arrêt a été émis à l'encontre d'un individu par une autorité judiciaire.

"Nous allons émettre un mandat d'arrêt et (demander) une notice rouge pour détournement de fonds, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs", a déclaré le procureur général Tarek William Saab dans une intervention à la télévision.

Le procureur général a qualifié Ramirez, président de PDVSA de 2004 à 2014, d'être "un des principaux corrompus, (responsable) de la faillite due à la corruption" du groupe pétrolier.

Rafael Ramirez, homme de confiance d'Hugo Chavez (1999-2013), nie ces accusation. Il dit souhaiter participer à la prochaine présidentielle au Venezuela, où l'actuel chef de l'Etat Nicolas Maduro est candidat à sa réélection, mais demande des garanties de ne pas être poursuivi en arrivant à Caracas. Initialement prévu pour fin 2018, le scrutin aura lieu avant le 30 avril, a décidé mardi le pouvoir vénézuélien.

Le 5 décembre, M. Ramirez, qui était ambassadeur du Venezuela auprès de l'ONU, avait annoncé avoir démissionné sur ordre du président Nicolas Maduro.

Ces derniers mois, les autorités vénézuéliennes ont lancé une vaste opération contre la corruption au sein du groupe public, source de 96% des revenus du pays. Certains analystes interprètent cette vague d'arrestations comme une "purge" au sommet du pouvoir avant la présidentielle de 2018.

Sur Twitter, M. Ramirez, 54 ans, avait estimé en décembre que les accusations à son encontre avaient une visée politique: "On m'a écarté en raison de mes opinions et je resterai, quoi qu'il arrive, fidèle au commandant (Hugo) Chavez!", défunt président du Venezuela de 1999 à 2013.

Le Venezuela est confronté à une grave crise économique, en raison notamment de la chute des cours du brut, et politique, alors que la mainmise du président Maduro sur la quasi-totalité des institutions est de plus en plus contestée, dans le pays comme à l'international.

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