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25/01/2018 01:09 EST

France/Prisons: onzième jour de blocage, un "projet d'accord" présenté

Un nouveau "projet d'accord" doit être présenté jeudi aux syndicats pénitentiaires pour mettre fin au blocage de prisons entré dans son onzième jour en France, alors qu'un détenu a déposé un premier recours en justice.

Joint par l'AFP, le ministère de la Justice a confirmé la tenue de "rencontres bilatérales dans la matinée" pour présenter "un projet d'accord", sans en dévoiler le contenu. La veille, des discussions bilatérales avec le ministère de la Justice se sont tenues sans aboutir, selon les syndicats CGT et Ufap-Unsa (majoritaire).

"Cette proposition devrait être le fruit de toutes les discussions menées depuis plusieurs jours", a indiqué Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire.

Parallèlement, un premier recours a été déposé par un détenu qui n'a pas pu prendre de douche "depuis neuf jours" ni eu droit à des promenades en raison du mouvement des surveillants, a annoncé l'Observatoire international des prisons (OIP).

Le mouvement, lancé après l'agression de surveillants par un détenu jihadiste, s'est amplifié à la suite d'une série d'agressions et de négociations infructueuses.

Après le rejet d'un premier projet d'accord dont la ministre de la Justice s'est dans un premier temps bornée à prendre acte, le mouvement s'est durci.

Les blocages des prisons ont repris, comme à Fleury-Mérogis, près de Paris, le plus grand centre pénitentiaire d'Europe, où une barricade de palettes et pneus a été montée devant une entrée.

Plusieurs autres prisons en France poursuivaient également le mouvement, en particulier dans le Sud-Est.

Mercredi, la tension est montée d'un cran, l'administration pénitentiaire demandant aux directeurs de prison d'appliquer désormais des sanctions contre les surveillants qui bloquent les établissements.

"Si l'administration croyait que ça calmerait, ça n'a fait que mettre de l'huile sur le feu", a déclaré Thibault Capelle, délégué FO présent à Fleury-Mérogis.

Les 28.000 gardiens de prison des 188 établissements français réclament entre autres de meilleures conditions de sécurité, notamment face aux détenus jihadistes ou radicalisés, des effectifs supplémentaires et une revalorisation de leurs primes.

Face à la mobilisation sans précédent depuis 25 ans, les forces de l'ordre sont intervenues dans plusieurs établissements pour dégager les accès, comme à Fresnes, pour permettre le transfert de Jawad Bendaoud à Paris, où il est jugé pour avoir logé deux jihadistes ayant participé aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

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