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24/01/2018 08:19 EST

Tchad: la marche de la société civile jeudi se fera en ordre dispersé

Plusieurs organisations de la société civile tchadienne ont renoncé à une marche prévue jeudi suite à des discussions avec le gouvernement, mais d'autres maintiennent leur mot d'ordre malgré l'interdiction des autorités, a appris l'AFP mercredi auprès des principaux organisateurs.

Sept organisations de la société civile sur les huit organisatrices de cette "marche pacifique" prévue de longue date ont décidé de se désister de la manifestation, a indiqué la Convention tchadienne pour la défense des droits de l'homme (CTDDH) qui, pour sa part, maintient son mot d'ordre.

"Nous avons été réunis (mardi après-midi) par le ministre de la Sécurité entouré de tous les responsables de la sécurité du pays. Il nous a suppliés de laisser tomber la marche et de lui donner un sursis", a déclaré à l'AFP son secrétaire général Mahamat Nour Ahmed Ibedou.

"Nous avons répondu que nous allons revoir notre base pour lui donner une réponse. Sept autres associations ont décidé de renoncer, mais nous, à la CTDDH, nous avons maintenu notre mot d'ordre de marcher", a-t-il ajouté.

Trois importantes centrales syndicales ont apporté mardi leur soutien à la manifestation, ainsi que le collectif Iyina ("on est fatigué" en arabe tchadien), dont certains membres avaient été arrêtés, puis torturés selon eux et leurs avocats, en avril 2017 après avoir tenté de manifester contre le président Idriss Déby Itno.

Mardi, le ministre de la Sécurité Ahmadaye Abdelkerim Bhakit avait interdit la marche "sur l'ensemble du territoire national".

"Hier (mardi), nous avons rencontré le collectif de la société civile, nous avons été clairs et directs avec eux", a réaffirmé le ministre mercredi, mettant en garde contre "un soulèvement populaire qui entraînerait des casses".

"Le fait de marcher à partir de dix points différents (dans la capitale) en même temps, ce n'est pas facile à contrôler. Si malgré l'interdiction, Ibedou (patron de la CTDDH) veut marcher seul, ça l'engage. (...) Il nous trouvera devant lui", a-t-il averti.

La marche vise à protester contre les mesures d'austérité et la hausse du prix du carburant, dans un contexte de sévère récession économique depuis deux ans.

Le pays a connu lundi une grève massive des transporteurs pour dénoncer la hausse du prix du carburant, qui a été suivie par une manifestation spontanée de lycéens. Plus d'une centaine de personnes, dont des lycéens et des syndicalistes, ont été interpellées après des incidents.

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