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24/01/2018 12:07 EST

Syrie: les pourparlers de Genève dans "une phase très, très critique" (envoyé ONU)

La nouvelle session de pourparlers de paix de Genève sur la Syrie démarrant jeudi à Vienne sous l'égide de l'ONU intervient dans une phase "très, très critique" dans ce conflit, a estimé mercredi l'émissaire onusien pour la Syrie, Staffan de Mistura.

"Je suis optimiste car c'est la seule façon d'être dans de tels moments. C'est une phase très, très critique", a-t-il confié à des journalistes à son arrivée dans la capitale autrichienne.

S'exprimant quelques instants plus tôt à Paris, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, avait pointé "une situation de dégradation humanitaire considérable en Syrie".

La réunion de Vienne intervient en effet alors que plusieurs offensives militaires se déroulent sur le terrain, menées d'une part par la Turquie contre la ville d'Afrin tenue par les Kurdes au nord, et d'autre part par le régime contre les rebelles dans la province d'Idlib ainsi que dans la Goutha orientale.

"Il n'y a pas aujourd'hui de perspective politique qui se présente sauf, et c'est le dernier espoir, la réunion qui va se tenir à Vienne demain sous l'égide des Nations unies où l'ensemble des parties prenantes seront présentes, et où, j'espère, un agenda de paix pourra être dessiné", a estimé M. Le Drian.

Tant le gouvernement que les opposants au régime de Bachar al-Assad seront représentés par une "délégation complète", a assuré M. de Mistura, qui s'exprimait avant une rencontre avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Les précédents tours de négociations sur la Syrie s'étaient soldés par un échec, les deux parties refusant de se parler directement, et "des progrès sont peu probables" cette fois-ci aussi, juge l'expert Firas Modad de l'institut américain IHS Markit.

Les pourparlers à Vienne interviennent avant la tenue lundi et mardi à Sotchi (Russie) d'un "Congrès intersyrien" organisé par Moscou, dont le Kremlin, soutien du président Assad, assure qu'il ne s'agit pas d'une initiative concurrente.

Le négociateur en chef du Comité des négociations syriennes (CNS, opposition), Nasr Hariri, a réaffirmé mercredi soir à Vienne que la participation de son mouvement à la rencontre de Sotchi dépendrait notamment de l'issue des négociations dans la capitale autrichienne.

"Les deux jours à venir représenteront un véritable test pour toutes les parties", en particulier pour le régime et ses alliés qui "en pratique continuent de croire et d'affirmer que la décision se fera au final sur le terrain militaire", a-t-il souligné.

Le président américain Donald Trump a parallèlement exhorté depuis Washington son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à réduire ses opérations militaires en Syrie.

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