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24/01/2018 04:54 EST

La paisible Porto Alegre, centre du Brésil pour un jour

La paisible ville de Porto Alegre, dans l'extrême sud du Brésil, était mercredi le centre de ce pays pour une journée : c'est en effet là que se joue l'avenir politique de Lula avec son procès en appel mais aussi la prochaine présidentielle.

Tous les regards étaient tournés vers cette agglomération d'un million et demi d'habitants où trois juges d'une cour d'appel pourraient en fin de journée anéantir l'ambition de l'ex-chef de l'Etat Luiz Inácio Lula da Silva de se représenter en octobre, en confirmant sa peine de neuf ans et demi de prison pour corruption passive.

Quelque 3.500 membres des forces de sécurité ont été déployés dans l'ancien bastion de la gauche brésilienne qu'est Porto Alegre. Cette ville était sortie de l'anonymat en 2001, après avoir accueilli le premier Forum Social Mondial (FSM), réponse des altermondialistes au Forum économique de Davos. Le Parti des Travailleurs (PT, gauche) de Lula en avait été une figure de proue.

Le périmètre du Tribunal Régional Fédéral Nº4 (TRF4), situé près d'un lac, a été bouclé et était surveillé par des hélicoptères et des navires de la Police militaire.

Il s'agit d'éviter des heurts entre partisans et adversaires de Lula et de protéger les trois juges qui vont sceller le sort de la plus grande figure de la scène politique brésilienne : un ex-président (2003-2010) parti sur un taux de popularité record de plus de 80% mais aussi détesté par une frange de la population qui veut l'envoyer derrière les barreaux.

Redoutant une "invasion" de manifestants de gauche arrivés par autocars entiers depuis la fin de la semaine dernière dans sa ville, le maire conservateur Nelson Marchezan Jr avait demandé, en vain, le soutien de l'armée.

Quelques heures après l'ouverture de ce procès crucial, le calme régnait, ce qui pourrait changer à l'annonce de la décision du tribunal.

Les sympathisants de Lula étaient bien plus nombreux que ses opposants dans les rues, jonchées de tracts, notamment du PT, en soutien à son fondateur.

Un tract appelait les militants de gauche à "ne pas le laisser condamner", d'autres proclamaient "Lula innocent" ou qu'"Une élection sans Lula serait frauduleuse".

Les opposants à l'icône de la gauche sont aussi passés à l'action : une énorme effigie gonflable de Lula en tenue de prisonnier est apparue sur une embarcation navigant sur le lac près du TRF4.

Le jugement a par ailleurs fait affluer à Porto Alegre quelque 300 journalistes, dont 45 accrédités pour des médias étrangers, devant franchir de nombreux contrôles de sécurité avec portiques de détecteurs de métaux.

Mais le centre de la capitale de l'Etat de Rio Grande do Sul était désert, les fonctionnaires ayant été mis en congé pour la journée en raison du procès de Lula.

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