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24/01/2018 07:16 EST

La France lance la délicate réforme de son baccalauréat

La France a ouvert mercredi le délicat chantier de la refonte du baccalauréat, sacrosaint examen né sous Napoléon qui ne répond plus aux besoins modernes de formation, selon le président Emmanuel Macron qui veut en faire une de ses réformes majeures.

Le "bac", comme le surnomment les Français, est devenu "un monstre organisationnel", estime le rapport sur sa réforme, publié mercredi et rédigé par l'ancien directeur de Sciences Po-Lille (nord) Pierre Mathiot.

L'examen, qui clôture les études secondaires en France et représente un passage quasi-obligé pour l'enseignement supérieur, ne prépare pas assez à la poursuite des études, estime M. Mathiot.

Les nombreux gouvernements français qui se sont essayés à réformer le bac se sont tous cassé les dents sur cet examen critiqué mais emblématique.

Conscient des difficultés à venir, notamment avec des syndicats enseignants souvent perçus comme réfractaires au changement, M. Mathiot souligne dans son document que "le changement ne se décrète pas". "Il se réalisera progressivement et uniquement si les acteurs du système éducatif en acceptent les termes et le trouvent globalement légitime", écrit-il.

M. Mathiot a mené une centaine d'audition avec des acteurs du secteur (syndicats, profs, parents d'élèves...) avant d'écrire son rapport qui doit nourrir la réforme promise par Emmanuel Macron pour une mise en oeuvre en 2021.

Le texte propose de diminuer le nombre d'épreuves finales, les limitant à cinq, contre une dizaine actuellement, dont un grand oral, qui pèseraient au total pour 60% dans la moyenne, le reste étant évalué en contrôle continu ou via des épreuves ponctuelles.

Le nouveau baccalauréat prendrait aussi en compte (pour 40%) les résultats obtenus par les élèves en classes de première et terminale (les deux dernières des trois années du lycée), lors d'épreuves ponctuelles et/ou contrôle continu.

Les actuelles filières littéraire, économique et scientifique disparaîtraient au profit d'un système de matières "majeures" et "mineures". Les élèves choisiraient deux disciplines "majeures" et deux disciplines "mineures", auxquelles s'ajouteraient des enseignements optionnels.

L'oral qui permettait aux recalés de rattraper un écrit non suffisant serait également éliminé.

Des consultations vont dorénavant s'ouvrir, sous l'égide du ministère de l'Education, avec l'objectif de présenter un projet de réforme le 14 février.

Cette réforme, promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne, interviendra quasiment en parallèle de la réforme sur l'entrée à l'université, portée par la ministre Frédérique Vidal et qui sera appliquée pour la rentrée 2018.

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