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24/01/2018 02:20 EST

France: les blocages des prisons se poursuivent au dixième jour du conflit

Les blocages des prisons françaises se poursuivaient mercredi au dixième jour du mouvement des surveillants, et au lendemain de l'échec des négociations entre le ministère de la Justice et les syndicats dans cette crise sans précédent depuis 25 ans.

Mercredi, les discussions entre le ministère français de la Justice et les syndicats (Ufap-Unsa, CGT et FO) étaient au point mort: les trois organisations ont quitté mardi la table des négociations, jugeant encore nettement insuffisantes les propositions du gouvernement.

Le bras de fer continue donc entre des syndicats plus que jamais déterminés à poursuivre le mouvement et la ministre de la Justice Nicole Belloubet, en première ligne sur ce conflit qui s'enlise.

"La porte est ouverte pour reprendre le dialogue", a-t-on indiqué mercredi matin au ministère. Aucune rencontre n'était toutefois prévue avec les organisations syndicales.

Au total, 119 des 188 prisons françaises étaient "perturbées à des degrés divers" à 09H30 mercredi et "les agents refusent en particulier de prendre leur service dans quinze établissements", a indiqué la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP).

"C'est une situation similaire à ces deux derniers jours", avec, en particulier, "des tensions sur l'Ile-de-France", en région parisienne, a-t-on souligné à la DAP.

Un total de 1.360 gendarmes mobiles et policiers sont mobilisés à travers tout le pays pour maintenir l'ordre aux abords des prisons, a-t-on appris de sources sécuritaires.

Depuis le 15 janvier, les gardiens de prison, qui n'ont pas le droit de grève, organisent des blocages des établissements pénitentiaires pour protester contre leurs conditions de travail et de sécurité après une série d'agressions de surveillants par des prisonniers, notamment des détenus radicalisés.

Les 28.000 gardiens de prison réclament de meilleures mesures de sécurité, des effectifs supplémentaires et une revalorisation indemnitaire.

Le mouvement se durcit mercredi dans le nord de la France, et est très suivi dans le Sud-Est. D'autres prisons sont également bloquées en Auvergne-Rhône-Alpes (est), Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine (sud-ouest).

burs-lp/roc