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24/01/2018 09:17 EST

France : le blocage des prisons se poursuit, menace de sanctions

Le blocage des prisons françaises se poursuivait mercredi au dixième jour d'un mouvement massif des surveillants, l'administration pénitentiaire haussant le ton et réclamant des sanctions dans cette crise sans précédent depuis 25 ans.

Un courrier a été envoyé aux directeurs de prison pour leur demander d'appliquer les sanctions prévues, après l'interruption des négociations mardi entre l'autorité de tutelle et les organisations syndicales. Les surveillants ont un statut spécial qui leur interdit de faire grève.

Interrogée par l'AFP, l'administration pénitentiaire a dit avoir fait preuve jusqu'à présent de souplesse mais devoir aussi protéger les agents qui "gèrent en effectifs contraints des détenus sous tension". Elle a ajouté ne pouvoir indéfiniment faire appel aux policiers et aux gendarmes pour pallier l'absence des membres du personnel grévistes.

"Les menaces de sanctions viennent de tomber mais nous ne céderons pas", a réagi Philippe Abime, du syndicat FO pour le Sud-Est et la Corse, accusant le gouvernement de raviver "le feu" et de chercher à "diviser" le personnel pénitentiaire.

Dix jours après le déclenchement de ce mouvement engendré par des agressions contre des gardiens, le bras de fer continue plus que jamais entre des syndicats déterminés et la ministre de la Justice Nicole Belloubet, en première ligne.

Face à cette mobilisation, les forces de l'ordre ont dû intervenir à Fresnes, en banlieue parisienne, pour dégager les accès à la prison et permettre le transfert de Jawad Bendaoud dans la capitale, où il est jugé pour avoir logé deux jihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Les trois syndicats Ufap-Unsa, CGT et FO ont quitté mardi la table des négociations, jugeant insuffisantes les propositions du gouvernement. Aucune nouvelle rencontre n'est programmée.

Leurs représentants se sont cependant dits "prêts" à reprendre le dialogue, mais en posant leurs conditions. Le secrétaire général de FO Emmanuel Baudin a posé comme condition à sa présence l'intégration de la question du statut des surveillants aux discussions.

Mardi, c'est le refus de la ministre de la Justice d'aborder ce dossier qui avait provoqué les départs de FO et de la CGT.

Dans leurs revendications, les 28.000 gardiens de prison réclament de meilleures mesures de sécurité, notamment face aux détenus jihadistes ou radicalisés, des effectifs supplémentaires et une revalorisation de leurs primes.

La CGT demande au gouvernement de "reprendre la main" en nommant un "médiateur", estimant que la ministre "n'est plus crédible sur ce dossier".

Mercredi, le fonctionnement de 133 des 188 prisons françaises a été "perturbé à des degrés divers".

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