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24/01/2018 04:46 EST

France: des journalistes dénoncent les poursuites engagées par Bolloré

Des journalistes et ONG français ont dénoncé mercredi dans une tribune les poursuites systématiques à leur encontre lorsqu'ils s'intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique, principale destination de ses investissements.

Le groupe français de transport et logistique a quinze procédures en cours engagées en France et à l'étranger contre des journalistes ou ONG pour "diffamation" ou dénigrement", selon les signataires de cette tribune diffusée la veille de l'ouverture d'un de ces procès à Paris.

"Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s'apparentent à des +poursuites-bâillons+", soulignent les signataires qui incluent des journalistes et ONG mis en cause, ainsi que les sociétés de journalistes de 22 grands médias français, l'association altermondialiste Attac France, le collectif "Informer n'est pas un délit" et Reporters sans frontières.

Les sociétés de journalistes cosignataires sont celles de l'AFP, BFMTV, Challenges, Les Echos, Europe 1, L'Express, France 2, France 3, Le Monde, L'Humanité, Libération, L'Obs, Mediapart, M6, Le Point, Premières Lignes, Radio France, RTL, Télérama, TF1, TV5Monde et La Vie.

"Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d'alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques comme le groupe Bolloré", soulignent les signataires.

Le groupe n'a lui pas voulu s'exprimer sur cette tribune.

Le procès qui s'ouvre jeudi à Paris oppose des journalistes et ONG à la Socfin, holding luxembourgeoise propriétaire de plantations en Afrique et en Asie dont le groupe Bolloré détient près de 40%.

La Socfin attaque en diffamation les ONG ReAct et Sherpa ainsi que Le Point, Mediapart et L'Obs, qui avaient fait état en avril 2015 de vols de terres aux riverains de ces plantations de palmiers à huile et d'hévéas. Sa filiale Socapalm attaque pour sa part les deux ONG.

Un autre procès doit s'ouvrir le 3 avril, opposant le groupe et la chaîne publique France 2 pour une enquête-portrait consacrée à l'industriel breton. Le groupe Bolloré demande également 50 millions d'euros de dommages et intérêts à France 2 dans une autre procédure mais pour le même reportage.

Les journalistes Jean-Pierre Canet et Nicolas Vescovacci (visé lui aussi par une plainte) reviennent sur ces "méthodes" de Vincent Bolloré dans un livre à paraître le 31 janvier, "Vincent tout-puissant".

Sur une vingtaine de procédures lancées par le groupe ces dernières années, seule deux condamnations ont été prononcées, contre Libération pour la légende d'une photo et France Inter pour un reportage, précise la tribune.

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