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24/01/2018 07:31 EST

Arabie: 95 personnes encore détenues dans le cadre de la purge anticorruption

Les autorités saoudiennes retiennent toujours 95 personnes, interpellées avec plus de 200 autres dans le cadre d'une purge lancée il y a près de trois mois dans les milieux privilégiés du royaume au nom de la lutte anticorruption, rapporte mercredi la chaîne saoudienne Al-Arabiya.

Plus de 350 personnes, dont des princes, ministres, ex-ministres et puissants hommes d'affaires, avaient été placés en détention, notamment dans le grand hôtel Ritz-Carlton de Ryad, dans le cadre d'une campagne lancée le 4 novembre par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le mois dernier, le procureur général d'Arabie saoudite, Cheikh Saoud al-Mojeb, avait annoncé que la plupart des détenus avaient accepté un arrangement financier en échange de leur libération.

L'arrangement consiste à rembourser au Trésor saoudien des sommes dont les autorités estiment qu'elles ont été mal acquises, a dit le procureur général. Il avait estimé à au moins 100 milliards de dollars le montant des fonds détournés ou utilisés à des fins de corruption depuis plusieurs décennies.

La plupart des détenus ont accepté un accord financier, "en liquide, biens immobiliers et autres avoirs", en échange de leur libération, précise mercredi Al-Arabiya.

Parmi les personnes interpellées, 90 ont été libérées, les charges retenues contre elles ayant été abandonnées, selon la même source.

"Plus qu'une question de jours avant que les arrangements liés aux cas de corruption puissent être clos, et que le reste des accusés soient déférés au parquet", ajoute la chaîne Al-Arabiya disant s'appuyer sur une infographie mise au point par le parquet.

"95 personnes sont encore en détention."

Le Ritz-Carlton devrait rouvrir ses portes en février. Sur son site internet, il affiche des chambres disponibles à partir du 14 février.

Ces accords financiers devraient aider le gouvernement à financer un plan d'un coût de plusieurs millions de dollars visant à aider les citoyens face à la hausse du coût de la vie, a déclaré mercredi sur Al-Arabiya le ministre des Finances saoudien qui se trouvait à Davos.

Certains ont vu dans la purge une tentative du Prince Mohammed de consolider son pouvoir.

Mais les autorités saoudiennes insistent sur le fait que la purge visait uniquement à s'attaquer à la corruption endémique, alors que le royaume cherche à diversifier son économie largement dépendante du pétrole.

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