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24/01/2018 11:55 EST

Après le procès Nassar, le comité olympique américain fait son mea culpa

Le Comité olympique américain (Usoc) a reconnu mercredi sa responsabilité et présenté ses excuses aux dizaines de victimes de l'ancien médecin de l'équipe des Etats-Unis de gymnastique Larry Nassar, condamné à jusqu'à 175 années de prison pour abus sexuels.

Quelques minutes seulement après l'énoncé du verdict par la juge Rosemarie Aquilina à Lansing, dans le Michigan, l'Usoc a adressé une lettre-ouverte à l'ensemble des sportifs américains.

Son directeur général Scott Blackmun a annoncé qu'une commission d'enquête indépendante allait être mise en place pour "déterminer comment des abus d'une telle ampleur ont pu ne pas être détectés pendant aussi longtemps".

"Nous devons savoir qui savait quoi et quand", a-t-il martelé.

Le patron de l'Usoc a ensuite présenté des excuses, réclamées et très attendues par les victimes qui, les stars de la discipline en tête, comme les championnes olympiques Simone Biles, Aly Raisman, Gabby Douglas et McKayla Maroney, ont dénoncé la passivité de l'institution, voire sa complicité.

"Le but de ce message est de dire à toutes les victimes et survivantes de Nassar, directement, combien nous sommes désolés de ce qu'il s'est passé", a écrit M. Blackmun qui a regretté qu'aucun représentant de l'Usoc n'ait assisté au procès Nassar.

"Nous sommes désolés du mal que vous a fait cet homme horrible, nous sommes désolés que vous n'ayez pas pu évoluer dans un environnement sûr pour atteindre vos rêves sportifs, la famille olympique fait partie de ceux qui vous ont trahis", a-t-il reconnu.

L'Usoc, présenté comme le comité olympique national le plus puissant au monde par son budget, comme par ses résultats dans les JO, a promis de changer profondément "la culture" de la gymnastique.

- Changement de culture -

"Nous avons entendu (durant le procès) des sportives qui ne savaient comment et à qui parler des abus qu'elles avaient subi, ou même parfois qui ne savaient pas qu'elles avaient été victimes d'abus" a-t-il regretté.

Et ce changement de culture passe par un renouvellement total de la direction de la Fédération américaine de gymnastique.

Le président du conseil d'administration d'USA Gymnastics, Paul Parilla, et deux autres membres de la direction avaient déjà présenté lundi leur démission, mais ce n'est que le début.

"Des changements supplémentaires sont nécessaires pour créer une culture favorisant un environnement sain pour la pratique sportive et cela passe par la démission de tous les directeurs actuels de la fédération", a prévenu le patron de l'Usoc.

Le comité olympique américain a admis avoir songé au démantélement pur et simple de la Fédération de gymnastique, mais cette décision aurait pénalisé "des sportives et clubs qui n'y sont pour rien".

Mais la menace d'un démantélement plane toujours sur USA Gymnastics si elle ne prend pas les mesures réclamées par l'Usoc.

Il appartient à Kerry Perry de réformer sa fédération et de tirer les leçons du cauchemar Nassar.

"Les voix des victimes et leur force ont laissé une empreinte indélébile sur nous tous, chaque jour, leurs récits auront un impact sur mes décisions", a assuré celle qui a succédé en novembre dernier à Steve Penny et qui va chapeauter la restucturation.

Durant la présidence de Penny, entre 2005 et 2017, la gymnastique américaine a collectionné les titres (deux sacres olympiques et quatre couronnes mondiales par équipes), permis l'éclosion de phénomènes comme Gaby Douglas et Simone Biles, mais aussi fermé les yeux sur les agissements du Dr Nassar à qui la juge Aquilina a lancé mercredi: "Vous ne méritez pas de sortir un jour de prison".

jr/vog