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18/01/2018 18:16 EST | Actualisé 18/01/2018 18:16 EST

Québec ouvre la porte à la production et l'exportation d'hydrogène

Deux ingrédients sont requis pour fabriquer de l'hydrogène, soit de l'eau et de l'électricité, qui se trouvent en abondance au Québec.

La Mirai de Toyota est propulsée par une batterie alimentée à l'hydrogène.
THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson
La Mirai de Toyota est propulsée par une batterie alimentée à l'hydrogène.

Le Québec pourrait devenir un producteur — et éventuellement un exportateur — d'hydrogène.

C'est du moins le souhait exprimé par le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, jeudi, lorsqu'il a annoncé au Salon de l'auto de Montréal que le Québec serait le banc d'essai canadien de la Toyota Mirai, première voiture à l'hydrogène à faire son entrée au Canada.

Le constructeur japonais livrera 50 de ces voitures cette année et le ministre promet deux stations de ravitaillement d'ici l'automne, une à Montréal et une à Québec. M. Moreau a indiqué que le gouvernement se portera acquéreur de plusieurs de ces véhicules.

La Mirai, déjà commercialisée en Californie, au Japon et dans une poignée de pays européens, représente une toute nouvelle technologie. Il s'agit dans les faits d'une voiture électrique dont la batterie est alimentée à l'hydrogène.

M. Moreau a précisé que la société d'État Transition énergétique Québec (TEQ) collabore avec des instituts de recherche et une entreprise québécoise à développer une méthode de production d'hydrogène à faible coût.

Deux ingrédients sont requis pour fabriquer de l'hydrogène, soit de l'eau et de l'électricité, qui se trouvent en abondance au Québec. Puisque le Québec dispose d'une source de production électrique propre et renouvelable et que la batterie à l'hydrogène ne produit comme résidu que de l'eau, il s'agirait dès lors d'une technologie de propulsion automobile à zéro émission de gaz à effet de serre de la source d'énergie jusqu'à son utilisation.

Outre le fait de n'émettre que de l'eau, la Mirai, dont le nom en japonais signifie «avenir», offre plusieurs avantages dont une autonomie de 500 kilomètres, une bonne fiabilité par temps froid et il ne faut que cinq minutes pour faire le plein d'hydrogène.

En contrepartie, la proposition n'est pas bon marché. Toyota n'a pas encore déterminé son prix de vente au Canada, mais la Mirai se détaille aux environs de 57 000 $ US (près de 71 000 $ CAN) en Californie où un modèle à essence comparable, la Camry, se vend 27 000 $ US (33 500 $ CAN) et la Camry hybride se détaille environ 37 000 $ US (46 000 $ CAN).

De plus, le kilo d'hydrogène se vend environ 14 $ US au détail en Californie et il en coûte ainsi 70 $ US (87 $ CAN) pour faire le plein du réservoir dont la capacité est de cinq kilos d'hydrogène.

Puisque l'autonomie de la voiture est de 500 kilomètres, cela se traduit par un coût d'environ 17,50 $ CAN pour 100 kilomètres. À titre comparatif, une Camry dotée d'un moteur de 3,5 litres consomme tout près de 10 litres aux 100 kilomètres selon le Guide de consommation de carburant 2017 de Ressources naturelles Canada, ce qui, même en utilisant un prix hypothétique de l'essence très élevé de 1,30 $ le litre, représente un coût bien inférieur de 13,00 $ CAN pour 100 kilomètres.

Le ministre Moreau a insisté sur le fait que les recherches actuelles visent à obtenir une production d'hydrogène à faible coût.

Romaric Lartilleux, consultant chez Toyota, a de son côté reconnu que la voiture dans sa première mouture est dispendieuse, mais il a fait valoir que son prix chuterait avec la production de masse, comme ce fut le cas pour les voitures électriques et hybrides.

En Californie, le gouvernement offre une remise de 14 000 $ US à l'achat d'une Mirai, ce qui ramène le prix à 43 000 $ US, soit toujours bien au-delà de la Camry hybride, mais Toyota offre aussi trois ans d'hydrogène gratuit aux clients qui s'en procurent une.