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17/01/2018 02:01 EST

Un apparatchik vietnamien enlevé en Allemagne s'excuse auprès du parti à son procès

Un ancien apparatchik du régime communiste vietnamien, enlevé en Allemagne l'été dernier, a présenté mercredi ses excuses au "parti" au pouvoir lors d'un procès pour corruption largement médiatisé par les autorités.

"J'espère que ce tribunal transmettra mes regrets et mes excuses au secrétaire général du parti Nguyen Phu Trong", a déclaré l'accusé, Trinh Xuan Thanh, lors de sa déclaration finale.

"Je ne dors plus depuis de nombreuses nuits, j'ai des regrets. J'aimerais aussi dire au parti, aux leaders du pays et au peuple que je suis désolé", a-t-il ajouté, en pleurs.

Ancien cadre du parti communiste vietnamien, Trinh Xuan Thanh avait dirigé jusqu'en 2013 un important groupe pétrolier public, PetroVietnam Construction.

A ses côtés sur le banc des accusés, se trouvent l'ancien membre du Politburo Dinh La Thang et vingt anciens responsables de l'appareil d'Etat, dans ce dernier grand procès en date, dont le régime communiste veut faire un symbole du combat contre la corruption des hauts fonctionnaires.

"Je voudrais incliner ma tête en signe d'excuse auprès du parti, de l'Etat, du peuple et de générations d'employés du secteur pétrolier", a dit de son côté Dinh La Thang.

La vidéo des excuses des deux hommes a été largement diffusée par les médias vietnamiens, contrôlés par le régime à parti unique.

Le parquet a requis la prison à vie contre Trinh Xuan Thanh, qui risquait la peine de mort pour "corruption". Quinze ans de prison ont été requis contre Dinh La Thang pour "mauvaise gestion". Malgré leurs excuses, les deux hommes se disent innocents.

Au total, ce sont 22 anciens fonctionnaires de haut rang qui sont jugés dans le cadre de ce procès que la presse internationale n'est pas autorisée à couvrir, comme souvent au Vietnam.

Le verdict est attendu lundi prochain.

Hanoï se défend d'avoir enlevé Trin Xuan Tanh dans un parc de Berlin en juillet 2017 et affirme qu'il est revenu de son plein gré.

Les autorités allemandes en revanche ont dit n'avoir "aucun doute sur la participation des services de renseignement" vietnamiens dans cet enlèvement.

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