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17/01/2018 03:37 EST

Réparations: le chef de la diplomatie polonaise tente l'apaisement à Berlin

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, a voulu apaiser mercredi les relations avec l'Allemagne, assurant que le débat autour d'une demande éventuelle de réparations de guerre ne devait pas nuire aux relations germano-polonaises.

"Actuellement, ce n'est pas une question qui devrait constituer un obstacle dans les relations entre nos deux Etats", a expliqué le nouveau chef de la diplomatie polonaise, à l'issue d'une rencontre avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, à Berlin.

"Nous cherchons des solutions (...) Cette discussion doit avoir lieu au niveau des experts", a-t-il ajouté.

Le gouvernement polonais "est ouvert à des discussions" sur cet épineux contentieux car "je souhaite que nos relations évoluent aussi bien que possible", selon lui.

La question des réparations de guerre avait été relancée avec virulence par les conservateurs polonais au pouvoir qui estiment qu'elle "n'a pas été formellement réglée".

L'ancienne Première ministre Beata Szydlo avait jugé que son pays avait "droit" à des réparations alors que Berlin martèle que le dossier est clos depuis longtemps.

Elle a depuis été remplacée en décembre par Mateusz Morawiecki qui tente d'apaiser les relations difficiles entre Varsovie et plusieurs de ses partenaires européens inquiets de l'évolution de l'Etat de droit en Pologne.

La question des réparations de guerre a été réglée entre l'Allemagne et la Pologne en 1953. Mais certains responsables polonais contestent aujourd'hui la validité de cet accord, dicté selon eux par l'Union soviétique.

"Nous souhaitons que ce débat soit mené en Pologne, c'est important", a justifié Jacek Czaputowicz à Berlin.

"Nous avons le droit de connaître l'Histoire récente et de connaître la période du communisme quand les dirigeants polonais ne pouvaient pas prendre de décisions par eux-mêmes", a-t-il argumenté.

De son côté Sigmar Gabriel a souligné qu'il y avait "une position claire juridique du gouvernement selon laquelle il n'y a aucune raison de parler de réparations".

"Je ne peux pas ignorer qu'il y a un débat en Pologne", a-t-il ajouté, évoquant l'idée de "confronter des scientifiques à cette question".

En 2015, l'Allemagne avait aussi opposé une fin de non-recevoir à la Grèce. En pleine crise financière, le gouvernement d'Alexis Tsipras avait relancé le débat sur des réparations de guerre pour les atrocités commises durant la Seconde guerre mondiale.

yap/alf/pg