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17/01/2018 07:32 EST

Le gouvernement tchèque annonce sa prochaine démission

Le gouvernement minoritaire tchèque du milliardaire populiste Andrej Babis a formellement approuvé mercredi sa prochaine démission, après avoir échoué la veille à obtenir la confiance des députés.

"Le gouvernement a approuvé sa démission. Je vais demander au président de fixer la date d'un entretien pour que je puisse la lui présenter en personne", a déclaré M. Babis lors d'un point de presse.

Andrej Babis a été nommé en décembre par le président Milos Zeman qui a indiqué qu'il lui demanderait une nouvelle fois de former le gouvernement, mais qu'il lui faudrait s'assurer d'abord le soutien d'au moins 101 des 200 députés. Le gouvernement démissionnaire assure l'intérim.

"Le président va s'entretenir avec le Premier ministre pour accepter la démission du gouvernement. La date n'a pas encore été fixée", a dit mercredi après-midi le porte-parole de la présidence, Jiri Ovcacek, rectifiant ainsi sa déclaration faite plus tôt dans la journée, selon laquelle M. Zeman rencontrerait M. Babis "avant la fin de cette semaine".

La Constitution tchèque prévoit jusqu'à trois tentatives de former un gouvernement, les deux premières étant pilotées par le président et la troisième par le chef de la chambre basse, poste occupé actuellement par un membre du mouvement centriste ANO de M. Babis.

ANO dispose de 78 sièges sur 200 à la Chambre basse issue des législatives d'octobre. Les députés des huit autres partis représentés à la Chambre basse ont voté contre son cabinet minoritaire, invoquant notamment une inculpation pour fraude aux subventions européennes qui pèse sur M. Babis.

Magnat de l'industrie chimique et alimentaire et propriétaire de médias importants, M. Babis, rejette les accusations de fraude et a demandé la levée de son immunité parlementaire, qui doit être débattue vendredi.

La formation du gouvernement est compliquée par l'élection présidentielle. M. Zeman dont le mandat s'achève le 8 mars, brigue un deuxième quinquennat.

Connu pour ses opinions pro-russes et hostile à l'immigration musulmane, M. Zeman est arrivé samedi en tête du premier tour avec 38,56%.

Il a devancé l'ex-patron pro-européen de l'Académie des Sciences Jiri Drahos (26,60% des suffrages), mais ce dernier part légèrement favori pour le second tour, les 26 et 27 janvier, grâce aux reports de voix attendus.

jma/via/mra