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17/01/2018 07:58 EST

Crise migratoire : Paris et Londres signeront jeudi un "nouveau" traité

Emmanuel Macron et Theresa May signeront jeudi un nouveau traité destiné à mieux gérer la crise migratoire, lors d'un sommet bilatéral près de Londres qui sera aussi l'occasion de souligner la force d'une relation, en dépit du Brexit.

Les deux dirigeants s'accorderont ainsi sur un possible prêt de la célèbre Tapisserie de Bayeux, dans un geste fort d'amitié, et évoqueront un renforcement de la coopération militaire.

Selon l'Elysée, ils signeront un "nouveau traité qui complètera les accords du Touquet", en vigueur depuis 2004 mais qui n'ont jamais réussi à juguler l'afflux de migrants à Calais, port du nord de la France face aux côtes anglaises, où de nombreux clandestins échouent, dans l'espoir de franchir la Manche.

Jusqu'à 8.000 migrants ont campé dans cette ville mais, après le démantèlement fin 2016 de leur bidonville surnommé la "jungle", la situation s'est quelque peu améliorée, sans pour autant être totalement réglée.

Selon les autorités, entre 350 et 500 migrants sont encore dans le port à tenter la traversée de la Manche, par tous les moyens. Les conditions souvent qualifiées d'inhumaines dans lesquelles ils vivent sont une épine dans le pied du président Macron, en particulier au moment où il compte présenter une nouvelle politique migratoire, qu'il veut empreinte d'"humanité".

De nombreuses voix s'élèvent de plus en France pour accuser Londres de s'être défaussé de la gestion des migrants sur la France.

- Malgré le Brexit -

Selon l'Elysée, Londres s'engagera jeudi à examiner "en quelques jours" les demandes de migrants pouvant entrer sur son sol, c'est-à-dire les mineurs isolés, vulnérables ou pouvant bénéficier du regroupement familial, ainsi que les demandeurs d'asile (moins de 30.000 l'an dernier).

"Le point sur lequel nous mettons une grosse pression, ce sont les mineurs non accompagnés, parce qu'il y en a de plus en plus", a expliqué mardi le chef de l'Etat.

Une centaine de mineurs se trouveraient encore dans la région de Calais. En février 2017, l'ancien président socialiste François Hollande avait déjà appelé Londres à "prendre ses responsabilités" à leur sujet.

Sur les quelque 2.000 mineurs de la "jungle", Londres s'était en effet engagé à accueillir tous les enfants isolés ayant de la famille sur place et à étudier les dossiers des mineurs "vulnérables". Mais au bout du compte, seuls 893 avaient été acceptés. Et depuis un an, seuls huit mineurs sont passés.

Le sommet de jeudi comportera aussi un large volet défense. Les deux pays annonceront des projets communs en matière de missiles, de détection sous-marine et réaffirmeront le projet de drone de combat franco-britannique FCAS (Système de combat aérien du futur), a précisé l'Elysée.

Londres et Paris doivent aussi annoncer une coopération opérationnelle renforcée dans les zones d'intervention conjointe, notamment dans le cadre de l'Otan.

Mais c'est surtout pour le Sahel que Paris compte sur l'appui britannique : le Royaume-Uni renforcera son appui opérationnel "de manière très significative" à l'engagement français dans la région, s'est félicité l'entourage du chef de l'Etat.

Selon le Times, le Royaume-Uni pourrait déployer des moyens de surveillance et des hélicoptères au Sahel, où la France est en première ligne contre le terrorisme jihadiste, que ce soit par la force Barkhane, ou par le soutien apporté aux forces du G5 Sahel.

D'après le blog spécialisé dans les questions de Défense "le mammouth", "Les (drones) Reaper britanniques sont en train de rentrer de leur combat contre Daech, et ils présentent l'avantage, contrairement aux Français, d'être armés".

De source gouvernementale française, on souligne ainsi que, malgré le Brexit, le Royaume-Uni reste un allié de poids de la France dans le domaine de la défense.

"Les Britanniques comme nous avons la même volonté de dire : le Brexit c'est une chose mais la volonté des deux côtés est de maintenir, nourrir et cultiver ce partenariat" en matière de défense, précise-t-on de source gouvernementale française.

Pour souligner la persistance d'une "Entente cordiale", les deux leaders annonceront un programme d'échanges d'oeuvres, dont le "possible prêt" de la très iconique Tapisserie de Bayeux", mais "pas avant 2020", selon l'Elysée.

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