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17/01/2018 07:48 EST

Avec ou sans Macédoine? Le nom du pays des Balkans disséqué à l'ONU

La Grèce et la Macédoine se retrouvent mercredi sous l'égide des Nations unies à New York pour tenter de résoudre un litige qui dure depuis 27 ans concernant le nom de l'ancienne république yougoslave.

Athènes objecte à l'utilisation du nom Macédoine --qui désigne déjà une province du nord de la Grèce-- par son petit voisin des Balkans qui a accédé à l'indépendance en 1991. Un différend qui affecte les velléités de Skopje d'intégrer l'Union européenne et l'Otan.

Entrevoyant une lueur d'espoir dans les récentes déclarations des gouvernements respectifs, l'émissaire onusien Matthew Nimetz a décidé de réunir les deux parties à l'ONU.

Une conférence de presse, prévue à l'origine à 13 heures (18H00 GMT), a été avancée à 12H15 sur l'issue des discussions auxquelles participent l'ambassadeur de Macédoine aux Etats-Unis Vasko Naumoski et Adamantios Vassilakis, représentant de la Grèce.

"Je pense que les gens des deux pays sont peut-être prêts à entendre des solutions qui sont cohérentes avec les intérêts nationaux mais qui contiennent aussi un élément de compromis qui résoudrait le problème", a dit lundi à la télévision publique grecque ERT celui qui tente de mettre un terme à cette affaire depuis 1994, évoquant un "élan positif".

Et mardi à la télévision privée grecque Antena, il a rappelé que "le nom +Macédoine+ existait dans l'appellation actuelle, reconnue par la Grèce".

"Plus de cent pays reconnaissent la Macédoine comme +Republika Makedonija+ (République de Macédoine, NDLR), ce qui prouve que le nom +Macédoine+ est lié à ce pays et je crois qu'on peut trouver une solution qui réponde aux exigences grecques et satisfasse les gens du pays voisin", a ajouté M. Nimetz.

- Discussions 'délicates' -

Le nom officiel du pays des Balkans, tel qu'inscrit aux Nations unies, est Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM pour l'acronyme).

En l'acceptant comme membre de l'ONU, le Conseil de sécurité avait souligné que ce n'était qu'un nom temporaire. Il est aussi connu sous ce nom à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

Le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric s'est montré prudent: "Ces discussions durent depuis assez longtemps. Ce sont des discussions délicates", a-t-il dit. "Attendons de voir ce qu'il se passe".

Pour Athènes, le fait que la Macédoine conserve ce nom suggère que Skopje nourrit une revendication territoriale sur la région de la Macédoine grecque, où se trouvent les grandes villes portuaires de Thessalonique et Kavala, et qui est considérée comme le coeur du royaume macédonien d'Alexandre le Grand.

Mais le gouvernement grec ne s'oppose pas à ce que le mot "Macédoine" soit une des composantes du futur nom de ce pays, pourvu qu'y soit accolé un déterminant géographique pour le distinguer de son voisin.

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev a estimé le 7 janvier qu'il y avait une bonne chance de régler cette dispute "d'ici la fin du premier semestre 2018".

Quelques jours auparavant, le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias s'était dit "optimiste" sur une solution en 2018.

Son homologue macédonien Nikola Dimitrov a dit mercredi aux médias s'attendre à ce que le médiateur de l'ONU propose "un cadre qui aidera à structurer les pourparlers avec l'espoir d'obtenir un progrès substantiel".

M. Dimitrov a estimé qu'il fallait saisir "l'occasion historique qui se présente avec l'atmosphère positive favorable à une solution".

"Mais tout ne dépend pas de nous, de l'autre partie également. Notre responsabilité est de faire ce que nous pouvons (...) et de nous embarquer dans le train européen", a-t-il dit.

Tout compromis devrait ensuite être soumis à un référendum ou aux parlements respectifs.

bur-cml/elm/sha