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Oprah en 2020? Son entourage envoie des messages mitigés

DES MOINES, Iowa — Au moment où les démocrates des États-Unis poussent Oprah Winfrey à briguer la présidence en 2020, la garde rapprochée de l'animatrice bien connue ne semble pas unanime quant à ses ambitions politiques.

Sa meilleure amie, l'animatrice Gayle King, a déclaré mardi que Mme Winfrey est «intriguée» par une course à la Maison-Blanche.

«Elle adore ce pays et elle veut trouver un moyen de servir, mais je ne pense pas qu'elle l'envisage concrètement en ce moment, a dit Mme King, qui a révélé avoir longuement discuté avec son amie la veille. Mais j'ai aussi appris après des années passées à regarder l'émission d'Oprah qu'on a le droit de changer d'idée.»

Lundi, le partenaire de longue date de Mme Winfrey, Stedman Graham, a déclaré au «Los Angeles Times» qu'il «revient à la population» de décider si elle sera présidente, avant d'ajouter qu'elle «serait assurément intéressée».

Cet engouement pour une éventuelle candidature de Mme Winfrey découle du discours enflammé qu'elle a prononcé dimanche soir lors de la cérémonie des Golden Globes, après avoir accepté le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de son oeuvre. Certains se sont alors demandé si le Parti démocrate ne devrait pas se rallier à une vedette pour combattre Donald Trump en 2020.

M. Trump n'était lui-même qu'un homme d'affaires devenu vedette de téléréalité avant son ascension politique météorique.

La leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a fait remarquer que Mme Winfrey, comme M. Trump avant elle, n'a aucune expérience politique.

«Je pense qu'un argument en faveur d'Oprah est 45, a-t-elle dit, en référence au fait que M. Trump est le 45e président des États-Unis. Je pense qu'un argument qui nuit à Oprah est 45.»

Quoi qu'il en soit, pour les démocrates des États qui compteront parmi les premiers à voter pour un candidat, et possiblement pour un peuple qui désapprouve majoritairement de la performance de son président, l'éventualité de voir une vedette se lancer à l'assaut de la Maison-Blanche semble moins étrange qu'auparavant.

«Écoutez, c'est ridicule, je comprends ça, a dit Brad Anderson, qui a dirigé la campagne de Barack Obama en Iowa en 2012 et qui est en faveur de la candidature de Mme Winfrey. Mais en même temps, la politique est complètement ridicule en ce moment.»

Le discours de Mme Winfrey a rappelé ses origines modestes et son émerveillement d'enfant face aux héros de la lutte pour les droits civiques. Mais c'est quand elle s'est adressée à toutes ces femmes qui ont eu le courage de dénoncer les prédateurs sexuels — et quand elle a évoqué son rêve d'un jour «où plus personne ne devra encore dire #moiaussi» — que plusieurs joueurs politiques de premier plan ont commencé à se demander si les démocrates n'auraient pas besoin de quelqu'un comme Oprah Winfrey.

Son attrait dépasse largement sa célébrité, rappellent certains qui croient que sa compassion, sa gentillesse et sa dévotion à aider les autres représenteraient un vent de changement apprécié après une présidence Trump.

«Le gens ont besoin d'espoir, a dit Ray Buckley, le président du Parti démocrate au New Hampshire, qui voit lui aussi d'un oeil favorable la candidature de l'animatrice. S'il faut regarder du côté de ces vedettes à la moralité solide, qui ont de la compassion et de l'intelligence, je pense que les gens devraient se tourner vers qui ils peuvent en cette période très difficile.»

Même la fille de M. Trump, Ivanka, a appuyé le message de Mme Winfrey, mais peut-être pas ses ambitions politiques, dans un gazouillis envoyé lundi: «Je viens de voir le message puissant et inspirant d'@Oprah lors des #Golden Globes d'hier soir. Unissons-nous, hommes et femmes, & disons #VOTREHEUREASONNÉ #UNIS»

Le taux d'approbation de M. Trump était de seulement 32 pour cent en décembre, selon un sondage Associated Press-NORC. Même si sa popularité a pris un peu de mieux depuis ce moment, M. Trump demeure le président le plus impopulaire de l'histoire après une année au pouvoir. Plusieurs femmes l'ont aussi accusé d'inconduite sexuelle, ce qu'il réfute avec véhémence.

Mme Winfrey avait nié, en septembre et en octobre, avoir un oeil sur la Maison-Blanche, mais elle avait aussi dit que l'élection de M. Trump la faisait réfléchir quant aux qualifications requises pour devenir président.

La femme de 64 ans est devenue un mastodonte médiatique au cours des 30 dernières années, et même M. Trump l'a louangée au fil des ans. En 2015, il a déclaré qu'il l'accueillerait avec plaisir comme colistière au sein d'une candidature républicaine, avant d'ajouter qu'ensemble ils l'emporteraient «facilement».

«Elle serait une candidate formidable», a estimé Jennifer Palmieri, l'ancienne directrice des communications du président Obama et l'ancienne directrice des communications de la campagne présidentielle d'Hillary Clinton en 2016.

Mme Winfrey a notamment atteint les plus hauts sommets en enseignant aux femmes comment prendre leur place, habituellement à l'extérieur de l'arène politique. Cela pourrait adoucir, selon Mme Palmieri, l'opposition de certains électeurs aux femmes qui ont des ambitions politiques.

«Je pense que les leçons que nous avons tirées de la campagne d'Hillary, et de la manière dont son ambition a été perçue de manière défavorable et inéquitable, associées à la popularité actuelle d'Oprah, pourraient donner un bon élan à Oprah», a-t-elle dit.

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