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Manifestations en Tunisie: le premier ministre dénonce les émeutiers

TUNISIA, Tunisie — Le premier ministre tunisien a promis mardi de sévir face aux émeutiers, après de violentes manifestations contre la hausse des prix qui ont fait un mort et font craindre un soulèvement plus large dans le pays qui a vu naître le printemps arabe en 2011.

Durant les troubles qui ont touché plusieurs régions de la Tunisie au cours des derniers jours, un manifestant de 45 ans a perdu la vie, tandis que des dizaines de personnes ont été arrêtées. Plusieurs policiers ont été blessés.

Mardi, des policiers antiémeute masqués ont encerclé une manifestation dans la capitale, Tunis, et l'atmosphère demeurait tendue.

Ces affrontements rappellent le mouvement de protestation de la fin de 2010 et du début de 2011, qui a mené au renversement du président autoritaire Zine El Abidine Ben Ali et provoqué des soulèvements semblables dans plusieurs autres pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Depuis la «révolution de jasmin», l'économie tunisienne tourne au ralenti et peine à se relever.

Les manifestations actuelles sont liées à des considérations économiques. Le gouvernement a haussé le prix du carburant et les taxes sur plusieurs produits et services afin de réduire le déficit annuel du pays. La baisse du déficit fait partie des conditions imposées par le Fonds monétaire international (FMI), qui a consenti des prêts de 2,9 milliards $ US à la Tunisie.

D'après les médias tunisiens, des banques, des magasins et des commissariats de police ont été vandalisés et pillés, tandis que des routes ont été bloquées par des pneus en flammes et des manifestants lançant des cocktails Molotov aux policiers. L'armée est également intervenue dans la ville de Kasserine, dans le centre-est du pays, selon l'agence de presse officielle TAP.

La mort du manifestant Khomsi Yefrni menace d'alimenter la grogne populaire.

Des responsables médicaux et policiers affirment qu'il a perdu la vie à Tebourba, à environ 30 kilomètres de Tunis, lorsque la police a tiré des gaz lacrymogènes sur une foule de manifestants dans laquelle il se trouvait. Selon le ministère de l'Intérieur, il souffrait de problèmes respiratoires chroniques.

Tout en affirmant que son gouvernement respecte le droit de manifester pacifiquement, le premier ministre Youssef Chahed a déclaré mardi qu'il ne s'agissait pas de protestations, «mais bel et bien des individus qui vandalisent, qui volent, qui pillent les biens d’autrui et agressent les Tunisiens».

«Les actes de pillage et d’agression contre les citoyens ont un coût. Et la loi sera appliquée fermement, en conformité avec la Constitution», a-t-il affirmé.

M. Chahed a tenu ces propos alors qu'il rendait visite aux forces de sécurité près de la frontière avec la Libye. Il a souligné que les autorités feraient preuve de «vigilance» afin de s'assurer que les extrémistes en Libye ne tentent pas de franchir la frontière et de tirer avantage de l'instabilité en Tunisie.

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