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La Hongrie renonce à un colloque officiel controversé avant les élections

La Hongrie a annoncé mardi renoncer à organiser fin janvier un colloque controversé auquel devait notamment participer le polémiste ultra-conservateur britannique Milo Yiannopoulos, invoquant un contexte défavorable avant des élections législatives au printemps.

La polémique provoquée par la venue annoncée de M. Yiannopoulos et de personnalités comme la figure d'extrême droite allemande Götz Kubitschek a fait de la manifestation "l'objet de luttes politiques partisanes" à l'approche de ce scrutin, a déploré la fondation organisatrice.

"Il est en conséquence impossible qu'un débat libre entre différentes opinions et points de vue se tienne sans perturbations", a estimé la Fondation publique pour la recherche sur l'histoire et la société d'Europe centrale, proche du Premier ministre souverainiste Viktor Orban.

Présenté comme l'une des manifestations organisées par le gouvernement hongrois dans le cadre de sa présidence annuelle de l'alliance régionale de Visegradn qui regroupe Pologne, République Tchèque, Hongrie et Slovaquie, le colloque devait se tenir du 23 au 25 janvier.

Intitulé "L'avenir de l'Europe", il se proposait "d'analyser l'ensemble des processus politiques et culturels (...) qui façonnent le présent et l'avenir" du continent. Le colloque a été reprogrammé pour mai, après le scrutin législatif prévu en avril, a assuré la fondation.

M. Orban, qui briguera un troisième mandat d'affilée lors de ces élections, se pose en chef de file d'une "contre-révolution culturelle" en Europe basée sur le rejet de l'immigration et la défense d'une identité chrétienne.

Milo Yiannopoulos, un chantre du nationalisme blanc aux Etats-Unis, devait parler des "défis du monde occidental". Ce Britannique de 33 ans avait dû démissionner du site controversé Breitbart News en février après des propos semblant justifier la pédophilie.

Egalement convié, l'essayiste français Pascal Bruckner avait fait savoir qu'il renonçait à participer au colloque. "J'ai annulé ma participation (...), ne voulant pas m'exprimer aux côtés d'éléments extrémistes hostiles aux valeurs de notre continent", avait-il indiqué dans un message relayé le 5 janvier par le compte Twitter du mouvement français Printemps républicain.

En 2014, la Hongrie avait interdit la tenue d'une conférence du "National Policy Institute", un cercle américain dirigé par le militant suprématiste blanc Richard Spencer, un proche de Milo Yiannopoulos. La conférence s'intitulait également "L'avenir de l'Europe".

pmu/phs/ces

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