DIVERTISSEMENT
08/01/2018 13:36 EST | Actualisé 08/01/2018 13:59 EST

Séries québécoises: nos premières impressions

L’hiver s’annonce foisonnant dans nos petits écrans!

L'hiver s'annonce foisonnant dans nos petits écrans, et c'est ce soir que ça commence. Car, même à la télévision, les vacances des Fêtes sont terminées! Sachant que vos sofas et vos pyjamas vous attendront sagement ce soir, qu'y a-t-il à dire sur les nouveautés En tout cas (TVA), Fugueuse (TVA), Hubert et Fanny (Radio-Canada), Les magnifiques (Radio-Canada) et le retour attendu du premier trio du lundi de Radio-Canada, Lâcher prise – Ruptures – Les pays d'en haut? Voici nos premières impressions, à chaud.

Radio-Canada

Lâcher prise (Lundi, 19h30, Radio-Canada. 13 épisodes de 30 minutes. Dès le 8 janvier)

Quand on a touché le fond, on ne peut qu'ensuite remonter. Avant d'entreprendre son ascension vers la fin de son burn out, notre adorable Valérie (Sophie Cadieux), elle, expérimentera les «bienfaits» de la méditation... et de la faillite! Elle pourrait aussi renouer avec sa vie sexuelle au passage. Toujours challengée par sa colorée maman, Madeleine (toujours hilarante Sylvie Léonard), talonnée par son ex, Éric (Simon Lacroix), qui l'enjoint de se reprendre en main pour le bien-être de leur fils, Thomas (Antoine Archambault) et harassée par son antagoniste policier Simon Phaneuf (Jean-Moïse Martin), Valérie rencontrera encore bien des embûches sur son parcours vers la rémission et ne l'aura pas facile. Une nouvelle amie frondeuse, Alexa (Catherine Paquin-Béchard) et le frère de Simon Phaneuf, Jean-François (Emmanuel Schwartz), croiseront la route de Valérie cette saison. Éric et Kevin (Éric Paulhus), eux, en découdront avec une nouvelle psychologue, Rachel (Danielle Proulx), tandis que Madeleine trouvera un adversaire (ou un allié?) à sa pleine mesure en la personne de son nouvel éditeur, Hakim (Mani Soleymanlou). Les textes d'Isabelle Langlois sont toujours aussi amusants, et le ton général de Lâcher prise fait du bien. Les six premiers épisodes, déjà disponibles sur Tou.tv Extra, se dévorent d'un trait.

Facebook/En tout cas

En tout cas (Lundi, 19h30, TVA. 10 épisodes de 30 minutes. Dès le 8 janvier)

Les joutes verbales mère-fille sont non seulement nombreuses dans En tout cas, mais elles constituent le fondement de cette nouvelle comédie attendrissante dont les textes, délicieux, sont signés de la plume prolifique de Rafaële Germain, qui propose ici sa première série télévisée. Dans le rôle de Danielle, une maman pleine de bonnes intentions, mais parfois maladroite, qui rejoint sa progéniture à Montréal, qui «vient de Val D'Or et dit ce [qu'elle] pense», Guylaine Tremblay est craquante. On redécouvre encore une fois cette grande actrice capable de tout jouer. Dans la bouche de Danielle, les pires énormités sembleront mignonnes. Sa grande fille, Chloé (Anne-Élisabeth Bossé) sait remettre sa maman-pas-toujours-chérie à sa place, tout en ne manquant pas d'échapper elle-même quelques incongruités à l'occasion. Quant à Fred (Mickaël Gouin), fils chouchou de l'une et frère de l'autre, il servira souvent de tampon entre les deux femmes de sa vie. Tantôt, Danielle et Chloé se confrontent; plus tard, elles sont les plus grandes complices du monde. Entre elles, tous les prétextes sont bons pour s'obstiner : les attraits touristiques de Montréal, le yoga chaud, les psychologues, un chauffeur de taxi marocain, l'insomnie, la bouffe bio, les itinérants, le FengShui, Tinder... Choc de valeurs en vue, parsemés de «En tout cas...» sentis - patois par excellence voulant tout dire et rien dire en même temps -, dans un enrobage tantôt tendre, tantôt baveux. Et Claudette (Clémence Desrochers), la mère de Danielle, tape autant sur les nerfs de sa fille que celle-ci énerve sa propre descendance!

La distribution d'En tout cas est riche. Yan England se glisse dans la peau du parfait ex-devenu-meilleur-ami de Chloé, Simon. À l'écran comme dans la vie, Diane Lavallée et Laurence Leboeuf sont ici à nouveau mère et fille sous les traits d'Hélène, la sœur de Danielle, et Alexandra; leur relation, trop fusionnelle, est à l'opposé de celle de Danielle et Chloé! Yves Jacques (Jim, le prof d'université de Danielle), Sophie Desmarais (Sophie, la blonde de Fred), Sophie Faucher (Marie, une voisine) et Mikhaïl Ahooja (Nicolas, le fils de Marie) sont également de l'aventure.

Seul reproche qu'on pourrait adresser à En tout cas : son manque d'action, à tout le moins dans les premiers épisodes. Car, une fois qu'on a assimilé la dynamique qui règne entre la chef de clan et ses deux enfants, il manque cette intrigue accrocheuse, ces rebondissements consistants qui nous y garderaient scotchés, l'élément addictif, comme le glutamate monosodique qui nous ramène sans cesse au sac de croustilles. Reposant essentiellement sur les interactions entre les protagonistes, dans leurs pétillantes conversations, En tout cas manque un peu de substance au premier coup d'œil. Ceci dit, c'est joli, drôle et bien interprété, et on y reviendra certainement.

Radio-Canada

Ruptures (Lundi, 20h, Radio-Canada. 12 épisodes d'une heure. Dès le 8 janvier)

La troisième saison de Ruptures s'amorce en lion. On ne peut plus d'actualité, ce nouveau chapitre s'articule notamment autour des accusations d'agressions sexuelles qui visent l'infâme Jean-Luc De Vries (Normand D'Amour). Humilié publiquement et renié par ses collègues, le manipulateur jouera plus salaud que jamais afin de préserver son image publique. Il ira loin pour attirer la pitié et blanchir sa réputation. Ses agissements auront des conséquences sur tout son entourage, y compris son épouse, Anne (Geneviève Brouillette), qui sera coincée entre l'arbre et l'écorce. Au cabinet d'Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin), on s'occupera des cas prenants – pour les avocats comme pour les téléspectateurs! – des acteurs Vincent Mayer et Emmanuelle Duhaime (Yan England et Mylène Mackay), deux vedettes archi-populaires vivant leur rupture dans l'œil inquisiteur des médias, et de la petite Mia (Caranne Laurent), une fillette d'origine haïtienne en apparence maltraitée par ses parents, Geneviève et René (Myriam Leblanc et Jeff Boudreault). «En apparence», disons-nous, car justement, les apparences sont souvent trompeuses. Les démons de Claude (Isabel Richer) la poursuivront plus que jamais – et Jean-Luc De Vries se chargera de les amplifier - et Ariane continuera aussi sa liaison délicate avec Antoine (Guillaume Lemay-Thivierge), toujours uni à sa femme, Ève (Isabelle Giroux), gravement malade. Plus Ruptures avance, plus les personnages gagnent en profondeur, plus l'histoire nous tient sur le bord de nos fauteuils. De la grande télé que nous offrent ici les auteurs Daniel Thibault, Isabelle Pelletier et François Camirand.

Radio-Canada

Les pays d'en haut (Lundi, 21h, Radio-Canada. 10 épisode d'une heure. Dès le 8 janvier)

Donalda (Sarah-Jeanne Labrosse) gardera, gardera pas son bébé? Il faudra être à l'écoute ce soir pour le savoir. Chose certaine, les révélations de Bidou (Rémi-Pierre Paquin) à l'endroit de Séraphin (Vincent Leclerc) concernant la paternité de l'enfant à naître (ou pas), qui revient à Alexis (Maxime LeFlaguais), ont attisé la rage de notre avare notoire, qui jure vengeance. Redevenu méchant envers Donalda après son accalmie sentimentale de l'an dernier, Séraphin laissera voir son côté le plus noir. Aussi, notre survolté Curé Labelle (Antoine Bertrand) monte en grade et devient protonotaire de la papauté, mais aspire encore à devenir évêque. La veuve Délima (Julie LeBreton) risque de perdre son permis d'alcool et son hôtel, et les sentiments qui bouillent entre Donatienne (Kim Despatis) et Pâquerette (Romane Denis) sont encore bien vifs. Quant à Bidou, magouilleur un jour, magouilleur toujours! Le père Laloge (Julien Poulin), lui, fera finalement son mea culpa auprès d'Alexis. Autre projet sur lequel on a rien à redire, bourré de retournements et techniquement irréprochable, que ces Pays d'en haut de Gilles Desjardins. Notons que la saison qui s'amorce ce soir sera la dernière réalisée par Sylvain Archambault, ciblé cet automne par des allégations de comportements inappropriés sur les plateaux de tournage ; la personne qui lui succédera n'a pas encore été désignée.

Facebook/Fugueuse

Fugueuse (Lundi, 21h, TVA. 10 épisodes d'une heure. Dès le 8 janvier)

Fugueuse (sous-titrée Piégée par amour), c'est le nouveau coup de circuit frappé par le trio-étoile qui nous avait offert Pour Sarah, aussi à TVA, à l'automne 2015, soit l'auteure Michelle Allen (qui signe aussi L'Échappée à la même antenne), le réalisateur Éric Tessier (qui a la touche pour diriger les jeunes acteurs, lui qui est aussi derrière le long-métrage Junior Majeur) et la maison de production Encore Télévision (qui se concurrence elle-même en affrontant ses Pays d'en haut avec Fugueuse). Encore plus achevée, aboutie et réaliste que Pour Sarah, Fugueuse dépeint avec doigté la dangereuse spirale qui aspire des gamines vulnérables, à peine sorties de l'enfance, dans l'engrenage du crime. Comment celles-ci en arrivent-elles à vénérer des manipulateurs capables de les embobiner en disant le bon mot, au bon moment, et à souhaiter, d'elles-mêmes, faire «carrière» dans l'industrie de l'exploitation sexuelle? La troublante histoire de la jolie et pourtant brillante Fanny (solide Ludivine Reding) dépeint avec justesse les étapes qui mènent à la déchéance. Claude Legault et Lynda Johnson personnifient les parents de Fanny, et Danielle Proulx, sa grand-maman. Une excellente série, qui a tout pour captiver et devenir le grand succès de l'hiver à la télévision québécoise. Lisez notre dossier ailleurs dans nos pages pour en savoir plus.

Radio-Canada

Hubert et Fanny (Mardi, 21h, Radio-Canada. 12 épisodes d'une heure. Dès le 9 janvier)

Un coup de cœur pendant un hold up sous haute tension, et voilà la vie de Hubert (Thomas Beaudoin) et Fanny (Mylène St-Sauveur) complètement bouleversée. Lui mène une vie solitaire, loin de toute attache sentimentale, où même ses parents, Claude (Marc Messier) et Mimi (Anne-Marie Cadieux) paraissent parfois de trop dans son quotidien, et où seul son chien peut compter sur son entier dévouement. Elle, c'est tout l'inverse : amoureuse engagée depuis sept ans auprès de son beau Guillaume (Mickaël Gouin), qu'elle adore même si la routine a quelque peu écaillé leur romance, Mimi s'investit dans tous ses rapports humains et aspire au train de vie classique fait de mariage et d'enfants. Au fil des 12 épisodes réalisés par Mariloup Wolfe – magnifiques, mais longs, enrobés d'une ambiance planante, dramatique, romantique ou réconfortante, selon les scènes - la relation entre Hubert et Fanny évoluera. Et peut-être pas de la façon qu'on croit. On suivra également de près la famille de Fanny, formée de son père, Alain (Henri Chassé), de la conjointe de ce dernier, Hélène (Fanny Mallette), du fils qu'ils ont eu ensemble, Justin (André Kasper) et de sa grande sœur, Frédérique (Christine Beaulieu). L'un des points forts de Hubert et Fanny : cette portion du récit consacrée à Justin, un jeune adolescent qui aspire à changer de sexe. Fanny a en outre une meilleure amie, la délurée Pastel (Olivia Palacci). Dans cette nouvelle offrande de Richard Blaimert (Nouvelle adresse, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Le monde de Charlotte), la famille occupe à nouveau une place prépondérante. Avec Hubert et Fanny, il faut accepter de s'abandonner, de prendre son temps. On met une croix sur les tribulations policières et autres revirements pleins de dynamite et de testostérone, et on se laisse bercer par cette comédie dramatique. Pas haletant, mais beau et bien rendu.

Radio-Canada

Les Magnifiques (Vendredi, 21h30, Radio-Canada. 12 épisodes de 30 minutes. Dès le 12 janvier)

Quatre comédiennes, une multitude de personnages et de situations. Pas d'histoire, pas d'intrigue linéaire, pas de protagonistes récurrents, seulement de courtes vignettes à l'humour absurde et

complètement décalé, qui fera sans doute la joie des amateurs de comédies à la sauce Appendices ou Like-Moi. Léane Labrèche-Dor, Geneviève Schmidt, Julie Ringuette et Marie-Hélène Thibault, appuyées de leurs comparses masculins Martin Vachon, Dominic Paquet et Frédéric Pierre, sont toutes très drôles dans leurs capsules comiques qui deviendront probablement virales sur les réseaux sociaux. Qu'elles jouent les femmes «botoxées» à outrance, les mères indignes ou tout autre type de personnalités dans les différents sketchs, nos «magnifiques» visent dans le mille. Cette production de KOTV est l'adaptation du concept allemand Ladykracher, et une équipe d'auteurs a repensé les textes originaux pour les mouler à notre réalité québécoise. Un beau bonbon du vendredi soir, qui suivra l'excellent nouveau jeu de François Morency, Ouvrez les guillemets, dans la grille-horaire.

Séries québécoises : autres retours et nouveautés...

- District 31 (Lundi au jeudi, 19h, Radio-Canada. Dès le 8 janvier)
- L'Échappée (Lundi, 20h, TVA. Dès le 8 janvier)
- Like-Moi (Lundi, 22h, Télé-Québec. Dès le 8 janvier)
- Le chalet (Mardi, 17h30, VRAK. Depuis le 2 janvier)
- Unité 9 (Mardi, 20h, Radio-Canada. Dès le 9 janvier)
- O' (Mardi, 20h, TVA. Dès le 9 janvier)
- L'Heure bleue (Mardi, 21h, TVA. Dès le 9 janvier)
- Cheval-Serpent (Mercredi, 21h, Radio-Canada. 10 épisodes d'une heure. Dès le 10 janvier)
- Au secours de Béatrice (Mercredi, 20h, TVA. Dès le 17 janvier)
- Prémonitions (Mercredi, 21h, TVA. Dès le 10 janvier)
- Fatale-Station (Jeudi, 21h, ARTV. 10 épisodes d'une heure. Depuis le 4 janvier)
- Victor Lessard (Mercredi, 21h, addikTV. 10 épisodes d'une heure. Dès le 31 janvier)
- Mensonges IV (Mercredi, 21h, addikTV. En avril)

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