Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

L'Iran bloque les réseaux sociaux où s'organisent les manifestations

TÉHÉRAN, Iran — Après la mort de deux manifestants au cours de la nuit, l'Iran a bloqué l'accès dimanche à Instagram et à une application de messagerie utilisée par les militants pour coordonner et publiciser les manifestations un peu partout dans la République islamique.

Les manifestations contre la faiblesse de l'économie iranienne, qui se sont amorcées jeudi, semblent être les plus importantes à s'être produites en Iran depuis celles qui avaient suivi l'élection présidentielle contestée en 2009.

Le président Hassan Rohani est sorti de son mutisme dimanche soir en déclarant que bien que les citoyens aient le droit de manifester, les autres Iraniens ne devraient pas avoir à «se préoccuper pour leur vie et leur sécurité».

Le mouvement a notamment été organisé par le biais de photos et de messages envoyés sur Telegram, une populaire application mobile que les autorités ont bloquée dimanche.

Sur le site web de la télévision d'État iranienne, iribnews.ir, on peut lire que l'accès aux médias sociaux sera limité de manière temporaire par mesure de sécurité.

Facebook, à qui appartient Instagram, est banni de l'Iran depuis la vague de manifestations contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009. Certains Iraniens y ont toutefois accès par l'entremise de réseaux privés virtuels.

Les autorités ont rapporté les premiers décès en lien avec les manifestations, survenus dans la nuit de samedi à dimanche, dans la ville de Doroud, à 325 kilomètres au sud-ouest de Téhéran. Elles n'ont pas fourni la cause de la mort des deux manifestants, mais affirment n'avoir tiré aucun coup de feu en direction des civils.

Or, le journal réformiste Etemad rapporte que les policiers ont bel et bien ouvert le feu.

Samedi, la télévision d'État a reconnu qu'elle n'avait pas couvert les manifestations depuis jeudi sur l'ordre des responsables de la sécurité.

Plusieurs centaines de protestataires ont déjà été arrêtés.

L'économie iranienne a repris du mieux depuis l'accord nucléaire conclu en 2015. L'Iran a accepté de limiter son enrichissement d'uranium en échange de la levée de certaines sanctions. Il peut maintenant vendre son pétrole sur le marché international et a fait l'acquisition d'aéronefs occidentaux d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars américains.

Ce regain ne s'est toutefois pas fait sentir auprès de l'Iranien moyen. Le chômage demeure élevé et le taux officiel d'inflation a de nouveau atteint la barre des 10 pour cent.

Une récente montée en flèche des prix des oeufs et de la volaille — qu'un porte-parole gouvernemental a expliqué par des précautions contre la grippe aviaire — semble avoir provoqué la récente vague de contestation.

Les paramamilitaires tenants de la ligne dure, les gardiens de la révolution islamique, ne sont pas encore intervenus comme ils l'avaient fait en 2009. Certains analystes expliquent leur retenue par le fait que les manifestations ne faisaient initialement monter la pression que sur le président Rohani, un modéré.

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.