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27/12/2017 08:32 EST

Pérou: hospitalisation prolongée pour Fujimori

L'hospitalisation de l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, qui vient de bénéficier d'une grâce controversée de l'actuel chef d'Etat Pedro Pablo Kuczynski, sera prolongée d'au moins 48 heures, a annoncé mercredi son médecin personnel.

M. Fujimori "va poursuivre son hospitalisation et ses visites seront limitées, sauf pour la famille. Nous allons voir dans les prochaines 48 heures comment il évolue", a déclaré à des journalistes le docteur Alejandro Aguinaga, à la sortie de la clinique où se trouve l'ex-président depuis samedi.

"Quand son coeur fonctionnera normalement, il sortira", a-t-il ajouté, sans indiquer si l'état de santé de l'ex-dirigeant avait empiré ces dernières heures. "Son problème le plus sérieux est une fibrillation auriculaire (ou atriale)", a précisé M. Aguinaga.

Cette arythmie dont souffre depuis le mois de juin M. Fujimori, âgé de 79 ans, peut dégénérer en infarctus faute de traitement, selon son médecin qui ne sait pas encore si l'ancien chef de l'Etat, condamné pour crimes contre l'humanité et corruption, "passera le nouvel an hospitalisé".

Des familles des victimes de la répression sous les mandats de Fujimori (1990-2000), des partis politiques et des associations de défense des droits de l'Homme se préparaient à défiler jeudi contre la décision de le gracier.

"C'est la deuxième fois que je fais confiance à un président et qu'il me trahit", a déclaré à l'AFP Rosa Rojas, qui a perdu son mari et son fils de 8 ans dans la tuerie de Barrios Altos, perpétrée à Lima par des militaires le 3 novembre 1991.

Une association locale de défense des droits de l'Homme a annoncé avoir fait appel à la Cour interaméricaine des droits de l'Homme, dont le siège est à San José (Costa Rica), afin qu'elle demande des comptes au gouvernement péruvien et analyse cette grâce.

La décision du président a soulevé une polémique et des manifestations de Péruviens, qui accusent le chef d'Etat d'avoir négocié politiquement cette mesure en échange de son maintien au pouvoir avec le soutien du mouvement politique fondé par M. Fujimori.

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