POLITIQUE
27/12/2017 12:27 EST | Actualisé 27/12/2017 12:27 EST

«Le Devoir» et GCM devront mettre en place «un nouveau modèle d’affaires»

On en sait un peu plus sur l’aide de Québec à la presse écrite.

LA PRESSE CANADIENNE
Martin Cauchon, propriétaire de Groupe Capitales Médias, obtient un prêt de 10 M$ pour la transition numérique de ses journaux. (LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes)

QUÉBEC – C'est maintenant écrit noir sur blanc: Québec accorde un prêt d'un montant maximal de 10 millions $ à Groupe Capitales Médias (GCM) et de 526 000 $ au journal Le Devoir pour effectuer leur virage numérique.

L'aide financière à la presse écrite a été confirmée dans la Gazette officielle du Québec parue mercredi. On y apprend que GCM et Le Devoir désirent «mettre en œuvre un programme de transformation» vers le numérique et «mettre en place un nouveau modèle d'affaires».

Leurs projets de transformation présentent en principe «un intérêt économique important pour le Québec».

Tel qu'annoncé, Investissement Québec sera responsable pour octroyer les prêts sans intérêts. Le bras financier du gouvernement sera autorisé à «fixer toute autre condition ou modalité usuelle pour ce type de transaction» et «à conclure tout contrat ou toute entente» pour répondre au décret ministériel.

GCM est propriétaire des quotidiens régionaux Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien et La Voix de l'Est. L'ancien ministre libéral fédéral Martin Cauchon en avait fait l'acquisition en mars 2015 de Gesca, à qui appartient toujours La Presse.

Le patron de Québecor et ancien chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a déploré l'aide de Québec à GCM, un geste qui témoigne d'un «favoritisme flagrant» selon lui. Il a fait valoir que de nombreux groupes médiatiques faisaient face aux mêmes défis et a remis en question l'indépendance de la presse à l'aube d'une année électorale.

Lors d'une conférence de presse, le 14 décembre, M. Cauchon a rejeté ces critiques en bloc. Il soutient que les critiques de M. Péladeau sont une «insulte» aux journalistes de ses publications «qui produisent jour après jour une information de qualité».

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, estime quant à elle que ce prêt est une décision d'affaires qui permettra de protéger des centaines d'emplois dans plusieurs régions du Québec.

Peu après, Le Soleil dévoilait que Le Devoir, qui a réclamé de l'aide de l'État à quelques reprises, allait également bénéficier d'un prêt pour effectuer son virage numérique. Le directeur du journal, Brian Myles, dit avoir appris l'aide quatre jours après la décision du conseil des ministres.

Ottawa, de son côté, n'a pas encore présenté de plan pour aider les médias. La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, dit ne pas avoir l'intention «de soutenir des modèles qui ne sont plus viables pour l'industrie» et se concentrer sur le numérique.