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27/12/2017 08:30 EST

Echange massif de prisonniers entre Kiev et les séparatistes

Les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses qui contrôlent une partie de l'est du pays ont échangé mercredi plusieurs centaines de prisonniers dans l'une des plus importantes opérations de ce type en près de quatre ans de guerre.

Cet échange, juste avant le Nouvel an et le Noël orthodoxe le 7 janvier, constitue un rare progrès dans l'application des accords de paix de février 2015 qui ont permis une baisse d'intensité des combats mais sans parvenir à un règlement politique du conflit qui a fait plus de 10.000 morts.

Fruit de difficiles négociations impliquant Vladimir Poutine depuis plusieurs semaines, il devait concerner à la base 74 prisonniers détenus dans les deux "Républiques" autoproclamées par les rebelles et 306 détenus par les autorités de Kiev.

Cela représente au total 380 personnes, du jamais vu depuis l'éclatement de ce conflit en avril 2014. Mais le nombre final pourrait être inférieur à un échange précédent de décembre 2014 (367 libérations), les médias faisant état du refus de certains prisonniers des deux côtés de changer de camp.

Le premier échange de prisonniers depuis 15 mois entre les belligérants s'est déroulé sur la ligne de front près de la ville de Gorlivka, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la "capitale" séparatiste de Donetsk, et a duré plusieurs heures.

Plusieurs dizaines de prisonniers ont applaudi à l'arrivée des autocars envoyés par Kiev les chercher en territoire rebelle, scandant "Gloire à l'Ukraine!"

Parmi ces personnes se trouvait Igor Kozlovski, un historien reconnu dont l'arrestation par les séparatistes il y a deux ans avait créé l'émoi en Ukraine.

"J'ai été arrêté pour ma position pro-ukrainienne", a déclaré à l'AFP cet homme de 63 ans, l'air fatigué, en attendant d'être remis aux autorités ukrainiennes. "Je ne savais pas jusqu'à la dernière minute si j'allais être échangé".

"On ne m'a pas torturé physiquement mais la pression morale était très forte", a confié Valentyna Boutchok.

La Croix Rouge et des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont participé à cet échange. Trois prêtres orthodoxes russes étaient également présents.

- 'Bonne nouvelle' pour Berlin -

Le président ukrainien Petro Porochenko "a personnellement salué par téléphone" les premiers détenus libérés par les séparatistes, selon son porte-parole.

L'échange de mercredi a été salué par l'Allemagne, co-parrain avec la France du processus de paix en Ukraine. "C'est une bonne nouvelle" et "un geste humanitaire important", s'est félicité Sigmar Gabriel, chef de la diplomatie allemande.

La libération des prisonniers constitue un point clé des accords de paix de Minsk signés en février 2015. Ces accords ont permis une baisse d'intensité des combats, mais leur volet politique est resté lettre morte.

Le conflit dans l'Est de l'Ukraine oppose les forces gouvernementales à des séparatistes prorusses soutenus, selon Kiev et les Occidentaux, par la Russie qui dément. Il a contribué aux pires tensions entre la Russie et les Occidentaux depuis la Guerre froide.

A la mi-novembre, l'homme politique ukrainien Viktor Medvedtchouk, considéré comme un proche de M. Poutine et l'un des représentants de Kiev pour les négociations avec les rebelles, avait demandé au président russe d'intercéder auprès des dirigeants séparatistes pour faire avancer l'idée d'un échange des prisonniers détenus par les deux camps sur le format "tous contre tous".

Lundi, l'Eglise orthodoxe russe avait annoncé un accord entre Kiev et les rebelles sur ses modalités à l'issue d'une rencontre entre le patriarche Kirill, les dirigeants séparatistes et M. Medvedtchouk.

L'opération de mercredi constitue une première étape dans un échange global de tous les prisonniers détenus par les deux camps.

Lors de la deuxième étape, dont la date n'a pas encore été annoncée, 29 prisonniers détenus par les séparatistes pourraient être échangés contre 74 personnes détenues par Kiev, a déclaré mercredi M. Medvedtchouk à la télévision russe NTV.

Sur le plan diplomatique, la tension est remontée ces derniers jours après la décision de Washington de muscler son aide à l'Ukraine en matière de défense, afin que Kiev puisse assurer la "souveraineté" de son territoire. Moscou a accusé les Etats-Unis de vouloir encourager un "bain de sang".

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