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27/12/2017 17:17 EST

Argentine: assignation à résidence accordée à un tortionnaire de la dictature

La justice argentine a accordé mercredi le droit de purger sa peine à son domicile à Miguel Etchecolatz, un ancien chef de la police sous la dictature argentine (1976-1983), qui avait été condamné à la prison à perpétuité.

Un Tribunal fédéral a pris cette décision en raison de son âge avancé, 88 ans, et de problèmes de santé, selon un communiqué transmis à la presse.

Dans leur requête, ses avocats avaient souligné que leur client était "la personne la plus âgée dans un établissement pénitentiaire fédéral", et qu'"avec ses 88 ans et ses diverses maladies il répondait aux critères prévus par la loi" pour être assigné à résidence.

En 1986 d'abord, puis entre 2004 et 2016, Miguel Etchecolatz a été condamné à cinq reprises,

des peines que la justice de l'Etat de La Plata (sud) a transformé en réclusion à perpétuité.

Bras droit durant la dictature du chef de la police de la province de Buenos Aires, le général Ramon Camps, Miguel Etchecolatz a été entre mars 1976 et fin 1977 en charge des 21 prisons clandestines créées dans ce district.

30.000 personnes ont disparu durant la dictature militaire, selon les organisations humanitaires.

Un des commandos qu'il supervisait est responsable de l'enlèvement dans la nuit du 16 septembre 1976 d'un groupe de lycéens âgés de 14 à 17 ans, une opération de répression connue sous le nom de "Nuit des Crayons". Seuls quatre ont survécu.

Selon le jugement rendu mercredi, il sera transféré de la prison de haute sécurité de Marcos Paz, située à 50 km à l'ouest de Buenos Aires, vers sa maison de Mar del Plata (sud), ville où il a pourtant été déclaré "persona non grata" en 2001, tout comme l'ex-capitaine Alfredo Astiz, autre tortionnaire de la dictature.

En Argentine, les prisonniers de plus de 70 ans peuvent prétendre à l'assignation à résidence au cas par cas, mais les organisations de défense des droits de l'Homme se battent pour que les condamnés pour crimes contre l'humanité purgent leurs condamnations en milieu carcéral.

"Etchecolatz est un génocidaire. Le seul lieu pour un génocidaire est la prison, à perpétuité", a réagi sur Twitter l'association Hijos de desaparecidos (Fils de disparus).

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