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22/12/2017 06:20 EST

Turquie: enquête après des "menaces d'assassinat" d'opposants exilés

Le parquet d'Ankara a ouvert une enquête vendredi sur les affirmations d'un député selon lequel des "assassins" ont été missionnés pour tuer des opposants turcs vivant en exil en Europe, ont rapporté les médias.

D'après l'agence de presse Dogan, le procureur général d'Ankara a invité en tant que témoin le député Garo Paylan (HDP, prokurde) afin qu'il partage les informations qu'il affirme détenir.

Mercredi, M. Paylan avait déclaré lors d'une conférence de presse avoir reçu des "informations recoupées" faisant état de "projets d'assassinats (...) contre des concitoyens vivant en Europe, en particulier en Allemagne".

"Certaines structures basées en Turquie ont mobilisé des assassins pour procéder à des assassinats", a-t-il ajouté, sans fournir de précisions ni sur les commanditaires présumés, ni sur ses sources.

Selon lui, les cibles potentielles se trouveraient parmi les "milliers d'universitaires, de journalistes, de politiciens et de leaders d'opinion" exilés en Europe et "désignés comme des +traîtres+ par le gouvernement" turc.

Après le putsch manqué du 15 juillet 2016, les autorités turques ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent contre les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, désigné comme le cerveau du coup de force par Ankara, ce que nie l'intéressé.

Plus de 55.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre de ces purges qui se sont élargies aux milieux prokurdes et aux voix critiques dans les médias et les universités.

Dans ce contexte, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux intellectuels, ont quitté la Turquie pour s'installer dans des pays occidentaux.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse régulièrement l'Allemagne de servir de "havre aux terroristes", en référence aux partisans présumés du prédicateur Gülen et des sympathisants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

En janvier 2013, trois militantes kurdes avaient été tuées de plusieurs balles dans la tête à Paris, les enquêteurs français pointant l'"implication" de membres des services de renseignement turcs (MIT) dans cet acte.

L'auteur présumé du triple assassinat, Omer Güney, est mort l'an dernier de maladie avant d'être jugé et sans que la justice française puisse déterminer s'il avait agi sur ordre. Le MIT a démenti toute implication.

gkg/ezz/lb

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