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22/12/2017 09:23 EST

Six manifestants anti-Trump acquittés lors d'un procès emblématique

Les défenseurs des libertés et les opposants à Donald Trump se félicitaient vendredi de l'acquittement de six protestataires poursuivis pour des violences qui ont émaillé une manifestation le jour de l'investiture à la présidence du milliardaire républicain.

Ces six accusés, interpellés avec plus de 200 autres contestataires le 20 janvier, ont été déclarés non coupables de tous les chefs d'accusation qui les visaient, par un jury de Washington jeudi. Ils encouraient initialement une peine pouvant théoriquement dépasser 60 ans de prison.

Ce verdict, au terme d'un mois de procès, "est une victoire importante pour le Premier amendement (de la Constitution protégeant la liberté d'expression)", a réagi l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).

Le jour officiel de l'entrée en fonction de Donald Trump, des manifestants fédérés par le slogan "Disrupt J20" ("Perturbez le 20 janvier") s'étaient rassemblés dans la capitale fédérale américaine.

Des échauffourées localisées ont éclaté avec la police, des manifestants commettant par ailleurs des actes de vandalisme. Les autorités ont chiffré les dommages à 100.000 dollars. La police avait interpellé 234 personnes et engagé des poursuites à l'encontre de plus de 200 d'entre elles.

Les six premières personnes jugées ont été inculpées de dégradations volontaires et de participation à une émeute, même si aucune preuve matérielle n'a pu être réunie les montrant, par exemple, impliquées dans le bris d'une vitrine.

Les procureurs, tout en reconnaissant l'absence de preuves liant les prévenus à un quelconque vandalisme, ont utilisé un argument controversé selon lequel ils ont apporté leur soutien aux vandales, en choisissant de rester au sein du groupe dont les violences ont émané.

Les avocats des six inculpés ont au contraire affirmé qu'ils ne faisaient qu'exercer leur droit à manifester pacifiquement et qu'ils ne pouvaient être tenus responsables des débordements au prétexte d'un concept discutable d'association de malfaiteurs.

Au final les procureurs n'ont pas convaincu les jurés. "Le verdict réaffirme deux principes constitutionnels centraux de notre démocratie: d'abord que la différence d'opinion n'est pas une infraction, ensuite que notre système judiciaire ne prévoit pas la culpabilité par association", a commenté Scott Michelman, un avocat de l'ACLU.

Les autorités ont prévu de juger par petits groupes les près de 200 inculpés dans ce dossier, avec des audiences étalées jusqu'à la fin de l'été 2018. Un engagement réitéré par le bureau du procureur dans un communiqué faisant suite au verdict.

seb/faa

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