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22/12/2017 08:52 EST

Réforme judiciaire : Bucarest veut rassurer ses partenaires de l'UE

Les autorités roumaines ont défendu vendredi leur projet de réforme judiciaire, décrié dans le pays et à l'étranger, et assuré qu'elles mettraient tout en oeuvre pour lever les craintes de leurs partenaires européens au sujet de l'indépendance des magistrats.

"Nous transmettrons à toutes les ambassades, à la Commission européenne et à nos ambassadeurs dans les pays de l'UE une traduction des textes" législatifs définitivement votés jeudi au parlement, a déclaré le chef du parti social-démocrate (PSD, au pouvoir) Liviu Dragnea.

Il a cependant ajouté qu'"aucun article qui remettrait en cause l'indépendance de la justice n'avait jusqu'alors été précisément cité" par les nombreuses voix qui se sont élevées pour dire leurs réserves concernant cette réforme.

Après la Commission européenne, les Etats-Unis et les investisseurs étrangers en Roumanie, les ambassades de sept pays de l'UE à Bucarest ont estimé jeudi que ces lois "risquent de mettre en danger les progrès" de la Roumanie en matière de lutte contre la corruption.

Le chef du Sénat Calin Popescu Tariceanu, président du petit parti ALDE (libéral), allié du PSD, a déclaré vendredi qu'il doutait que "les ambassades aient réagi en connaissance de cause".

Le ministère roumain des Affaires étrangères a réaffirmé vendredi l'"attachement ferme" de la Roumanie "aux valeurs de l'UE", se disant "ouvert à un dialogue réel et concret avec (les) partenaires européens" du pays.

Les changements législatifs voulus par la majorité de gauche ont fait descendre dans la rue des milliers de Roumains dans plusieurs villes du pays ces dernières semaines.

Vendredi, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, a demandé à Bucarest de "repenser la réforme du système judiciaire" et conseillé de recourir à l'expertise de la Commission européenne pour la démocratie par le droit, aussi appelée Commission de Venise.

Ce groupe d'experts lié au Conseil de l'Europe apporterait de la "clarté sur la compatibilité de ces textes avec les standards fondamentaux de l'Etat de droit", selon un communiqué du Conseil de l'Europe.

at/smk/mct

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