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22/12/2017 07:52 EST

Le Conseil de sécurité examine de nouvelles sanctions contre Pyongyang

Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononce vendredi sur un projet de résolution américain durcissant les sanctions contre la Corée du Nord, en s'attaquant au pétrole et à la question des travailleurs nord-coréens à l'étranger.

Pyongyang est déjà visé par huit trains de sanctions onusiennes particulièrement drastiques, dont les deux derniers ont été adoptés cet été sous l'impulsion déjà des Américains après des essais de missiles et un test nucléaire menés par la Corée du Nord.

Depuis septembre 2016, elle a mené un essai nucléaire --son sixième-- et plusieurs tirs de missiles interdits par les Nations unies.

Washington a déposé jeudi son projet de résolution après des négociations avec la Chine, alliée de Pyongyang, à la suite d'un nouvel essai de missile balistique intercontinental (ICBM) le 28 novembre.

La réunion du Conseil pour examiner ce texte doit commencer à 13 heures (18H00 GMT). Deux diplomates au sein de cette entité ont indiqué que Pékin allait apporter sa voix et que la mesure allait ainsi obtenir un feu vert unanime.

L'ambassadeur japonais Koro Bessho, qui préside cette formation onusienne en décembre, a indiqué que son pays soutenait "pleinement" le projet de résolution et a exprimé l'espoir qu'il bénéficie du soutien unanime des quinze membres du Conseil.

- Or noir ciblé -

Cette initiative intervient alors que ni les Etats-Unis, ni la Corée du Nord ne montrent des velléités d'engager des pourparlers pour mettre fin à la crise sur la péninsule coréenne.

Le président américain Donald Trump a menacé de "détruire totalement" la Corée du Nord en cas d'attaque contre les Etats-Unis, tandis que Pyongyang affirme que la communauté internationale doit l'accepter comme une puissance nucléaire.

Le projet de résolution --obtenu par l'AFP-- vise notamment les expatriés nord-coréens, dont la totalité devraient être renvoyés chez eux dans les douze mois.

Plusieurs dizaines de milliers de Nord-Coréens ont été disséminés à l'étranger, principalement en Russie et en Chine, pour travailler et générer de précieuses devises pour leur pays d'origine. Selon l'ONU, ils travaillent dans des "conditions proches de l'esclavage".

Mais, surtout, le projet de résolution alourdit certaines dispositions de précédentes résolutions, en particulier en amenuisant davantage les livraisons de pétrole brut et raffiné qui proviennent majoritairement de Chine. L'objectif est de réduire les approvisionnements en produits pétroliers de près de 90%.

M. Trump a demandé en novembre à son homologue chinois Xi Jinping d'interrompre les livraisons de pétrole vers la Corée du Nord, ce qui assènerait un coup brutal à une économie déjà en lambeaux.

Le texte soumis au vote du Conseil entend limiter les livraisons de brut à 4 millions de barils par an. Les importations nord-coréennes de produits pétroliers raffinés, y compris diesel et kérosène, seraient plafonnées à 500.000 barils l'an prochain contre 2 millions auparavant.

Tous les pays seraient habilités à intercepter, inspecter, bloquer et saisir des bateaux soupçonnés de transporter des cargaisons illégales de ou vers la Corée du Nord.

- Pression pour discuter -

Deux listes seraient par ailleurs allongées: celle des produits nord-coréens interdits d'exportation et celle des Nord-Coréens faisant l'objet de sanctions.

Le texte ajoute ainsi à la première des produits alimentaires, des équipements industriels et électriques, ainsi que certaines matières premières (terre, roches dont magnésite et le magnésium, bois) et des navires.

La seconde est complétée des noms de dix-neuf responsables, travaillant quasiment tous dans l'industrie bancaire. Ils seraient interdits de visa dans le monde entier et verraient leurs éventuels actifs à l'étranger gelés. Le ministère des Forces armées, chargé de la logistique, est également inscrit.

Le Conseil de sécurité a déjà interdit les exportations nord-coréennes de charbon, fer, plomb, textiles et produits de la mer, et limité les sociétés communes. Et, outre les restrictions aux importations de produits pétroliers, il a interdit notamment les importations de gaz naturel liquéfié.

Les Etats-Unis mènent depuis plusieurs mois la charge contre le régime de Kim Jong-Un, cherchant par la pression de sanctions de plus en plus restrictives à pousser le jeune dirigeant à négocier.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a estimé qu'une unanimité vendredi serait importante pour adresser un message clair à Pyongyang.

"L'unité du Conseil est nécessaire pour créer l'opportunité d'un engagement diplomatique en vue d'une dénucléarisation obtenue par des moyens pacifiques", a-t-il déclaré, en déplacement à La Haye.

La semaine dernière, le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a appelé la communauté internationale à "prendre de nouvelles mesures" au-delà des sanctions onusiennes déjà adoptées, "y compris le droit d'interdire le trafic maritime transportant des biens vers et depuis la Corée du Nord".

L'ambassadeur français Francois Delattre a estimé que les nouvelles sanctions accroitraient la pression sur Pyongyang "pas uniquement pour le principe de faire pression mais de façon à pousser au dialogue et d'avoir davantage de poids pendant les négociations et pour la solution politique dont nous avons besoin".

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