NOUVELLES
22/12/2017 02:34 EST

Echange tendu sur le Brexit entre Lavrov et Johnson

Ingérence, ingérence ratée ou pas d'ingérence sur tout ? Les ministres russe et britannique des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Boris Johnson ont eu un échange tendu vendredi à Moscou sur une possible volonté russe d'influer le vote du Brexit.

Dans un entretien à l'agence russe Sputnik, Boris Johnson a indiqué que Londres ne disposait "pas vraiment de preuve d'une interférence russe qui aurait réussi".

Lors de la conférence de presse suivant l'entretien en les deux chefs de diplomatie à Moscou, M. Lavrov s'est appuyé sur ces déclarations: son homologue britannique lui-même, a-t-il souligné, reconnaît qu'il n'y a pas de preuve d'ingérence lors du référendum de juin.

Ce dernier a alors complété: pas de preuve d'une "ingérence réussie".

"Vous voyez, s'il ne me contredit pas, il va ruiner chez lui sa réputation auprès des médias", a rétorqué M. Lavrov. "C'est pour votre réputation que je m'inquiète, Sergueï", a rétorqué Boris Johnson, assurant cependant vouloir "tourner la page".

Une commission de la chambre des Communes britannique mène actuellement une enquête sur une supposée interférence de la Russie en faveur d'une sortie de l'UE lors du vote sur le Brexit et des législatives de juin 2017.

"Les gens voudraient que les élections soient libres et démocratiques, sans interférence extérieure. Je suis certain que Sergueï Lavrov soutiendrait ce type d'élections lui aussi", a déclaré M. Johnson. "Malheureusement, il y a eu de nombreuses preuves d'interférence russe dans les élections en Allemagne, Danemark, France, aux Etats-Unis".

"C'est quelque chose que vous avez complètement inventé entre Occidentaux et, malheureusement, vous êtes maintenant prisonniers de ce thème, il est très difficile pour vous de vous en sortir", a affirmé, l'air agacé, M. Lavrov.

Ce vif échange entre les deux ministres a eu lieu alors que Boris Johnson effectuait vendredi sa première visite en Russie, pour tenter de surmonter des années de tensions avec la Russie et trouver des terrains d'entente sur la Corée du Nord, le programme nucléaire iranien et l'avenir de la Syrie.

En novembre, la Première ministre britannique Theresa May avait dénoncé des actes "hostiles" de la Russie, citant la crise ukrainienne ou encore les campagnes de "cyber-espionnage" et l'"ingérence" lors de processus électoraux.

all/gmo/jhd

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!