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22/12/2017 04:58 EST

Du référendum aux élections régionales en Catalogne

Rappel des principaux événements depuis le référendum sur l'autodétermination de la Catalogne, qui a plongé l'Espagne dans sa plus grave crise politique depuis le retour de la démocratie en 1977.

- Référendum controversé -

Le 1er octobre, le gouvernement régional de Catalogne, présidé par l'indépendantiste Carles Puigdemont, organise un référendum d'autodétermination, malgré son interdiction par la justice espagnole.

Le vote, non reconnu par Madrid et boycotté par les partis anti-indépendantistes, est émaillé de violences policières. Selon les autorités catalanes, le "oui" à la sécession remporte 90,18% des voix avec une participation de 43%.

Le 3 octobre, quelque 700.000 personnes, selon les autorités, défilent à Barcelone contre les violences policières lors d'une journée marquée par une grève générale.

Dans une rare allocution télévisée, le roi Felipe VI dénonce la "déloyauté inadmissible" des dirigeants catalans.

Face aux incertitudes, plusieurs entreprises, dont des banques de premier plan, annoncent leur départ de Catalogne. Depuis le référendum, plus de 3.100 entreprises ont transféré leur siège social hors de la région.

Des manifestations mobilisent à travers le pays des centaines de milliers d'Espagnols partisans d'un dialogue ou de l'union.

- Entre menace et temporisation -

Le 10 octobre, lors d'une séance confuse au Parlement régional, Carles Puigdemont estime que la Catalogne doit "devenir un Etat indépendant sous forme de République", avant de "suspendre" la proclamation d'indépendance en appelant au dialogue avec Madrid.

En réponse, le Premier ministre conservateur Mariano Rajoy laisse au leader indépendantiste huit jours pour renoncer à toute déclaration d'indépendance.

Le 21, M. Rajoy demande l'activation par le Sénat de l'article 155 de la Constitution afin de mettre la région sous tutelle.

- Indépendance et tutelle -

Le 27 octobre, le parlement catalan proclame unilatéralement l'indépendance, votée par 70 députés sur 135.

La riposte de Madrid est immédiate: la Catalogne est mise sous tutelle, le gouvernement de Carles Puigdemont est destitué, le parlement dissous et des élections régionales sont convoquées le 21 décembre.

Le 29, des centaines de milliers de personnes manifestent à Barcelone pour l'unité de l'Espagne aux cris de "Puigdemont en prison".

- Puigdemont en Belgique -

Le 30 octobre, Carles Puigdemont se réfugie à Bruxelles, avec une partie de son gouvernement destitué, après avoir quitté secrètement la Catalogne.

Le 2 novembre, son ancien vice-président, Oriol Junqueras, et neuf autres dirigeants indépendantistes sont emprisonnés pour "rébellion et/ou sédition". A ce jour, quatre inculpés dont Oriol Junqueras sont toujours en détention provisoire.

Le lendemain, l'Espagne émet des mandats d'arrêt européens contre Carles Puigdemont et les quatre anciens ministres qui l'ont suivi en Belgique, avant de les retirer le 5 décembre.

Mais s'ils reviennent en Espagne, les cinq hommes, inculpés de rébellion et sédition, risquent d'être arrêtés. Carles Puigdemont lance depuis la Belgique sa campagne pour les élections régionales.

- Les indépendantistes confirment -

Le 21 décembre, les trois partis indépendantistes obtiennent 70 élus sur 135 lors d'un scrutin marqué par une participation historique de près de 80%.

Si les indépendantistes ont la majorité en sièges au Parlement (le jeu des pondérations de voix profitent aux régions rurales qu'ils dominent), ils n'ont pas une majorité en voix. 47,6% des Catalans ont voté pour les formations indépendantistes, mais 52% des suffrages se sont portés vers les partis défendant l'unité de l'Espagne.

Avec plus de 25% des voix et 37 députés au Parlement, le parti libéral Cuidadanos fondé en 2006 en Catalogne pour contrer l'indépendantisme devient ainsi le premier parti de la région.

Le lendemain des élections, Carles Puigdemont propose à Mariano Rajoy de le rencontrer hors d'Espagne, ce que ce dernier refuse.

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