NOUVELLES
22/12/2017 09:46 EST

Conflit gazier: Kiev et Moscou crient chacun victoire

L'Ukraine et la Russie ont chacune affirmé vendredi avoir obtenu gain de cause dans leur bras de fer gazier devant une cour arbitrale, qui a abaissé les prix du gaz russe mais maintenu l'obligation pour Kiev d'en acheter, à des volumes moindres.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'autorités pro-occidentales à Kiev en 2014, les deux pays sont engagés dans un conflit gazier et exigent chacun de l'autre le paiement de dizaines de milliards de dollars de compensations devant la Cour d'arbitrage de Stockholm.

Très complexes, les décisions de cette dernière ne sont pas rendues publiques et leurs détails ne sont révélés que partiellement par chacune des deux parties.

"Naftogaz a remporté l'arbitrage", a ainsi résumé l'opérateur ukrainien dans un communiqué.

"En dépit des affirmations de Naftogaz, les arbitres ont jugé valides les principaux principes du contrat et satisfait une grande partie des exigences de Gazprom", a répliqué le géant russe.

Contestant un contrat jugé abusif, Kiev exige devant la Cour de Stockholm le remboursement d'une partie des sommes payées depuis sa signature, tandis que Moscou demandait le règlement des dettes gazières accumulées par Kiev.

Kiev contestait surtout le prix du gaz imposé par Moscou et le principe dit du "take or pay" fixant un volume minimum à payer par l'Ukraine, qu'il soit consommé ou non.

Selon les détails dévoilés par les deux parties, la cour a bien abaissé le prix pour la période du contentieux en 2014 mais a refusé d'appliquer une baisse rétroactive aux années précédentes, pour lesquelles Kiev réclamait une compensation.

Concernant le "take or pay", elle a maintenu ce principe mais a réduit le volume de 32 milliards de m3 à seulement 5 milliards "ce qui correspond avec les besoins réels d'importations", a relevé Naftogaz.

L'Ukraine a cessé fin novembre 2015 tout achat à la Russie pour s'approvisionner auprès de pays européens.

Selon Gazprom, Naftogaz devra lui payer 2 milliards de dollars en impayés liés au prix.

Mais Naftogaz a souligné avoir obtenu gain de cause pour ne pas avoir à payer 56 milliards de dollars réclamés pour le "take or pay". L'opérateur ukrainien a estimé à plus de 75 milliards de dollars l'économie que représente cette décision sur toute la durée du contrat (2009-2019).

Le président ukrainien Petro Porochenko a salué le jugement comme une "victoire historique".

"Si nous avions perdu, l'Ukraine serait sous la menace directe d'un défaut de paiement" a déclaré M. Porochenko lors d'une rencontre avec le directeur de Naftogaz, Andriy Kobolev.

Naftogaz souligne aussi réclamer 16 milliards de dollars de dommages sur un autre contentieux, portant sur le transit du gaz russe exporté vers l'Europe transitant par le territoire ukrainien. La décision est attendue en février.

dg-apo/gmo/mct/mby/lpt

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!