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19/12/2017 07:42 EST | Actualisé 19/12/2017 08:01 EST

Trafic d'influence: les allégations de Francoeur étaient non fondées, dit la SQ

MONTRÉAL — Les allégations du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, au sujet d'un présumé trafic d'influence impliquant des élus libéraux étaient non fondées, a conclu mardi la Sûreté du Québec (SQ).

M. Francoeur avait soutenu plus tôt ce printemps, dans une déclaration écrite à la SQ, que le directeur du Service de police de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, avait bloqué une enquête policière visant le ministre Jean-Marc Fournier et l'ex-ministre Raymond Bachand à l'époque où il était enquêteur à la SQ.

M. Francoeur reprochait également à M. Pigeon d'avoir soulevé l'ire des procureurs de la Commission Charbonneau en agissant de la même manière lorsqu'il était directeur des enquêtes à la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Une équipe mixte composée d’officiers et d’enquêteurs de la SQ, de la Gendarmerie royale du Canada et des services de police de Québec, Laval et Longueuil avait été expressément mise sur pied pour enquêter sur les propos tenus par M. Francoeur, sous la supervision de Madeleine Giauque, directrice du Bureau des enquêtes indépendantes, et d'Yves Morency, directeur général par intérim de la SQ.

Dans le cadre de l’enquête, plus d’une soixantaine de personnes impliquées de près ou de loin dans les faits énoncés par M. Francoeur ont été rencontrées, précise la SQ, mardi.

Le corps policier ajoute qu'«à la suite de l'analyse de l'ensemble des éléments, l’équipe mixte en arrive à la conclusion qu’aucune preuve ne démontre quelque fraude ou trafic d’influence». Selon la SQ, «il n’existe pas de motifs raisonnables de croire qu’une infraction criminelle a été commise par quiconque».

Les propos d'Yves Francoeur cet automne avaient fait bondir plusieurs personnes, tant du côté de la police que de la classe politique.

En conférence de presse, en septembre dernier, Robert Pigeon avait déclaré que M. Francoeur était «une honte pour (la) profession» de policier.

«C'est complètement impossible que j'aie pu influencer quiconque pour que cessent les opérations d'enquête», avait-il martelé.

Invité à commenter les conclusions de la SQ dans cette affaire, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, est demeuré prudent, mardi, indiquant simplement qu'il était important que des vérifications soient faites concernant les allégations d'Yves Francoeur.

«Les allégations qui ont été faites par M. Francoeur étaient très sérieuses, elles ont alimenté évidemment, peut-être, un certain cynisme au sein de la population, a-t-il déclaré. C'est important de faire des vérifications (et) il fallait que ces vérifications soient sérieuses. Elles ont été faites. Elles ont mené à la conclusion qu'il n'y avait pas lieu de croire qu'il y avait quelque faute qui avait été commise.»

«J'en prends note, je pense que la population doit en prendre note», a-t-il ajouté dans le cadre d'un événement à Québec.