NOUVELLES
19/12/2017 05:34 EST

Iran : le président appelle à défendre les "droits du citoyen"

Le peuple a davantage "raison" que l'Etat, a estimé mardi le président iranien Hassan Rohani, en appelant les jeunes de son pays à défendre les "droits du citoyen" lorsqu'ils les jugent insuffisants.

"Le peuple a raison, pas l'Etat", a déclaré M. Rohani à Téhéran lors d'une cérémonie marquant le premier anniversaire de la publication de sa "charte des droits du citoyen", texte non contraignant qu'il avait alors présenté comme un vade-mecum permettant de jauger la performance des institutions publiques.

"Nous devons oeuvrer pour que la notion de droits du citoyen soit clairement ancrée dans notre culture [...] Si les droits du citoyen ne sont pas mis en oeuvre [...], que les médias sociaux entrent en scène, que les téléphones portables et les jeunes entrent en scène : dites-le, protestez!", a déclaré M. Rohani dans ce discours retransmis par la télévision nationale.

Conservateur modéré, M. Rohani a été élu en 2013 et réélu en mai avec le soutien des réformateurs et d'une grande partie de la jeunesse. Ces deux composantes de son électorat expriment régulièrement dans la presse ou via les réseaux sociaux leur déception face au peu de progrès réalisés selon eux en matière d'ouverture de la société et de liberté d'expression, en dépit des promesses répétées du président.

Le gouvernement entré en fonctions en août ne compte aucune femme ministre, et Internet reste largement filtré par les autorités.

Compte tenu du système de gouvernement de la République islamique, le président ne dispose que d'une marge d'action limitée. L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême, a la haute main sur la plupart des dossiers, et l'Autorité judiciaire est contrôlée par une fraction de dirigeants ultraconservateurs.

Appelant dans son discours à davantage de transparence de la part de l'Etat, M. Rohani a dit se réjouir des nombreuses critiques ayant visé le projet de loi budgétaire qu'il a présenté le 10 décembre. Critiquer le "président, qui est votre serviteur, et vos élus" est un "droit", a-t-il dit.

Faisant allusion à l'action des services de sécurité, M. Rohani a plaidé pour que celle-ci soit moins prégnante. "Les gens veulent que l'Etat les laisse tranquille [...] Diminuons les interférences dans leur vie", a-t-il lancé.

M. Rohani a également critiqué une pratique consistant à enquêter sur la vie des candidats aux études supérieures, jugeant que chacun devrait être libre d'étudier, quelles que soient ses opinions, alors que des membres de minorités religieuses ou militants politiques se plaignent de discrimination dans l'accès à l'université et à la fonction publique.

an-mj/nbz