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19/12/2017 04:17 EST

Corruption : l'ex-PDG d'Odebrecht sort de prison au Brésil

Marcelo Odebrecht, un magnat du bâtiment au coeur du plus grand scandale de corruption de l'Histoire du Brésil, a quitté mardi la prison où il était incarcéré depuis 2015 pour purger le reste de sa peine en résidence surveillée.

L'ex-PDG d'Odebrecht, le plus grand groupe de BTP d'Amérique Latine, a quitté le siège de la Police Fédérale de Curitiba (sud) à bord d'une voiture noire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Marcelo Odebrecht, 49 ans, doit se rendre à Sao Paulo (sud-est), la capitale économique du Brésil, où il sera assigné à résidence pour purger le reste de sa peine de dix ans dans sa résidence de luxe, après avoir été équipé d'un bracelet électronique.

À son apogée, l'empire familial fondé par son grand père était le symbole d'un Brésil conquérant, avec des réalisations dans le monde entier et des chantier emblématiques comme la rénovation du stade mythique Maracana, à Rio de Janeiro.

Tout a basculé en juin 2015, quand Marcelo Odebrecht a été arrêté dans le cadre de l'opération "Lavage-express", une enquête tentaculaire qui a révélé le versement de dessous-de-table à des dizaines d'hommes politiques de tous bords pour s'assurer des marchés publics.

Initialement condamné à 19 ans et 4 mois de prison pour corruption et blanchiment d'argent, l'ex-PDG a obtenu une réduction de peine assortie de la possibilité d'en purger une partie à domicile grâce à un accord de collaboration avec la justice.

Grâce aux révélations de 77 anciens cadres de l'entreprise, les enquêteurs ont découvert qu'Odebrecht disposait même d'un service créé spécialement pour graisser la patte de dirigeants, plus connu en interne comme le "département des pots-de-vin".

Deux ans et demi après l'incarcération de Marcelo Odebrecht, ces révélations continuent de secouer le groupe, et le Brésil.

Mardi, l'organe qui régule la concurrence dans le pays, a annoncé que des documents fournis par le groupe prouvaient la formation d'un cartel avec d'autres entreprises de BTP pour se partager les marchés de construction de routes dans l'État de Sao Paulo de 2008 à 2015.

Lundi, un autre groupe de BTP, Camargo Corrêa, avait reconnu des pratiques similaires, impliquant également Odebrecht, pour truquer systématiquement les appels d'offres de la construction de lignes de métro dans huit États du Brésil.

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