BIEN-ÊTRE
15/12/2017 06:53 EST | Actualisé 15/12/2017 17:10 EST

La bouffe de rue à 3h du matin, pourquoi pas?

«Imaginez un camion qui irait se mettre dans un stationnement à côté des bars. Ça pourrait être un service super intéressant.» - Gaëlle Cerf

Courtoisie

Une petite fringale après avoir dansé toute la nuit? Les camions de «bouffe» de rue voudraient profiter de l'achalandage piéton à la sortie des bars en s'installant dans des stationnements privés. Une optique qui ne réjouit pas les restaurants ayant pignon sur rue.

L'Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ) rencontrera la Ville de Montréal afin de faire le point sur une saison 2017 désastreuse. Comme nous le rapportions il y a deux semaines, le programme de cuisine de rue de la Ville est de moins en moins profitable pour de nombreux propriétaires de camions.

Plusieurs réclament une importante révision des points de vente permis, à laquelle fait écho Gaëlle Cerf, vice-présidente de l'ARRQ et force vive derrière l'implantation de la cuisine de rue à Montréal. Mais celle-ci va encore plus loin: elle aimerait pouvoir stationner son camion, le Grumman78, dans les stationnements privés pour servir ses tacos aux petites heures du matin.

«Imaginez un camion qui irait se mettre dans un stationnement à côté des bars. Ça pourrait être un service super intéressant. Les gens sortent des bars et les restos sont fermés, alors il n'y a pas vraiment de compétition», affirme Mme Cerf.

Concrétiser cette demande requiert un changement dans la réglementation. Les camions de cuisine de rue n'ont présentement accès qu'à un nombre limité de points sur la voie publique, à certaines heures et selon un calendrier précis qui impose une rotation des emplacements.

Le HuffPost Québec a demandé une entrevue avec le responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville, Robert Beaudry, mais n'a pas reçu de réponse. Le 30 novembre, on indiquait qu'il rencontrerait d'abord les acteurs du milieu avant de se prononcer.

Les restaurants sont contre

Cette opinion n'est pas du tout partagée par l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), qui s'est opposé à maintes reprises à un programme de cuisine de rue qui ferait concurrence aux restaurants.

«Il y a des restaurants ouverts 24 heures près des bars. C'est une concurrence directe», souligne François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ.

M. Meunier a également réclamé une rencontre avec le comité exécutif au cours des derniers jours. Il attend une réponse de la Ville.

Appels à la libéralisation

Les appels à la libéralisation de la cuisine de rue fusent depuis quelques temps. L'été dernier, le Bureau de la concurrence du Canada (BCC) remettait en question l'idée que les camions de bouffe de rue font une concurrence directe aux restaurateurs. L'organisme recommandait de retirer la plupart des restrictions en ce qui concerne l'emplacement et les heures de fonctionnement des camions.

«Le Bureau n'a trouvé aucun élément de preuve qui justifie la limitation des heures d'exploitation», souligne le BCC dans son rapport.

L'organisme souhaite également que les municipalités canadiennes retirent les limites maximales aux permis d'exploitation, laissant libre cours au marché pour déterminer combien de camions de cuisine de rue peuvent être en opération.

Même son de cloche un an plus tôt à l'Institut économique de Montréal (IEDM).

«Si on choisissait d'imposer un seul permis à forfait d'un montant raisonnable, des normes de santé de base et des inspections régulières au lieu des restrictions excessives actuellement en vigueur, on permettrait à ces bienfaits de se matérialiser tout en tout en continuant de protéger le consommateur», indique l'IEDM.

Le BCC prend en exemple la Ville de Toronto, qui a libéralisé son programme de cuisine de rue en 2015. Gaëlle Cerf, de l'Association des restaurateurs de rue du Québec, ne souhaite toutefois pas aller aussi loin.

«Nos camions prennent deux stationnements. Essaie de trouver deux stationnements libres à Montréal là où il y a des gens», lance-t-elle.

Mme Cerf maintient que la structure choisie par la Ville peut être fonctionnelle si certaines modifications y sont apportées.

Selon la Ville de Montréal, cette structure a d'ailleurs été proposée par l'ARRQ et mise en place avec la collaboration de celle-ci.

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