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10/12/2017 16:46 EST | Actualisé 10/12/2017 16:46 EST

Macron et Netanyahou reconnaissent leur divergence sur Jérusalem

«Elle ne sert pas, à court terme, la cause de la sécurité israélienne et les Israéliens eux-mêmes», a déclaré Macron.

Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou ont fait part de leur désaccord sur la décision américaine de reconnaître Jérusalem à titre de capitale de l'État hébreu.

Cette décision du président Donald Trump a provoqué de nouvelles violences dans tout le Proche-Orient. À Jérusalem, un Palestinien a poignardé un garde de sécurité israélien, le blessant grièvement.

Beyrouth, la capitale du Liban, a été le théâtre d'affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre qui gardaient l'ambassade américaine.

M. Macron, qui accueillait le premier ministre israélien à l'Élysée, a condamné «toutes les formes d'attaques contre Israël de ces derniers jours», mais il a aussi exprimé son désaccord envers la décision de M. Trump. Selon lui, celle-ci est «dangereuse pour la paix».

«Elle ne sert pas, à court terme, la cause de la sécurité israélienne et les Israéliens eux-mêmes», a-t-il déclaré.

Le président français a exhorté Israël à interrompre la colonisation dans les territoires occupés et à adopter des mesures de confiance à l'égard de l'autorité palestinienne.

De son côté, M. Netanyahou, qui a jugé la décision de M. Trump comme étant «historique», a soutenu que Jérusalem était la capitale de son pays depuis 70 ans et les liens établis depuis 3000 ans entre le peuple juif et la ville biblique.

«Paris est la capitale de la France, Jérusalem est la capitale d'Israël, a-t-il dit. Nous respectons votre histoire et vos choix. Nous savons qu'en tant qu'amis, vous respectez les nôtres. (...) Je pense que dès que les Palestiniens accepteront cette réalité nous pourrons avancer pour la paix».

Les échanges entre les deux hommes ont préparé le terrain à une rencontre qui s'annonce tendue entre M. Netanyahou et les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles, lundi. La question de Jérusalem et l'impasse du processus de paix devront figurer en haut de l'ordre du jour.

La rencontre pourrait créer un fossé entre Israël et les États-Unis, d'un côté, l'Europe et les Palestiniens, de l'autre.

Un haut responsable du département d'État américain, David Satterfield, a tenté de calmer le jeu en affirmant que le président Trump n'avait fait que «reconnaître la réalité» en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël.

Il a ajouté que cette décision ne préjugeait pas des futures négociations qui détermineront les limites de la ville. Il a aussi exprimé son espoir de voir les leaders mondiaux comprendre que les États-Unis souhaitent toujours proposer un plan de paix d'ici la fin de l'année.

«C'est une question de choix. Les leaders veulent-ils parler d'une manière réaliste à leur peuple, à leur région ou veulent-ils attiser (les tensions) ? On espère qu'ils pencheront pour le premier choix.»

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