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09/12/2017 08:43 EST

Les rebelles yéménites accusés de perturber l'accès à Internet

Les rebelles yéménites houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, ont perturbé l'accès à Internet ces derniers jours dans l'ensemble du pays, a indiqué samedi à l'AFP l'organisation de défense des libertés numériques dans le monde arabe SMEX.

Des habitants du Yémen, aussi bien des zones rebelles que de celles sous contrôle du gouvernement, ont confirmé rencontrer des difficultés pour se connecter.

"Ma page Facebook et ma messagerie Whatsapp sont les outils les plus importants pour moi et je peux à peine y accéder", a indiqué Mahmoud Mohammed, un travailleur humanitaire dans la ville portuaire de Hodeïda, tenue par les Houthis.

"C'est très très difficile de se connecter. Tout est quasiment interrompu, on ne peut pas consulter de sites d'informations", a témoigné Mohammed Abdullah, un habitant de Sanaa.

"Le Yémen a un seul fournisseur d'accès à Internet, YemenNet", a expliqué à l'AFP Lara Bitar, chercheuse à SMEX, une organisation basée à Beyrouth. "Tout groupe qui contrôle ce fournisseur peut perturber l'accès à Internet", dans tout le pays, a-t-elle ajouté.

YemenNet dépend du ministère de la Communication basé à Sanaa qui était dirigé par des partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, lorsqu'il était allié aux Houthis. Mais cette alliance a volé en éclats la semaine dernière et M. Saleh a été tué par les Houthis lundi. Depuis, ces derniers ont pris le contrôle du ministère.

Selon SMEX, les rebelles ont coupé totalement l'Internet pendant un moment jeudi dans la nuit et continuent d'en perturber l'accès depuis.

"Nos contacts au Yémen craignent qu'Internet soit coupé plus longtemps que ce qui a eu lieu jeudi", a affirmé Mme Bitar.

Ces coupures et ces perturbations menacent la liberté d'expression mais aussi l'accès des civils aux services d'urgence, a-t-elle souligné. Elles pourraient aussi intervenir pour masquer des atrocités et des crimes selon des habitants interrogés par SMEX.

L'organisation Human Rights Watch (HRW) s'est inquiétée jeudi de "pratiques abusives" commises ces derniers jours par les rebelles lors de leurs opérations contre les partisans de l'ex-président Saleh.

Deux attaques ont récemment visé des médias.

L'une menée le 1er décembre par les Houthis a visé la chaîne Yemen Today qui était contrôlée par les partisans de l'ex-président Saleh. 41 journalistes ont été arrêtés et détenus.

L'autre a eu lieu samedi quand la télévision publique yéménite, sous contrôle des Houthis à Sanaa, a été bombardée par un avion militaire, une attaque attribuée par un média rebelle à la coalition menée par l'Arabie saoudite qui intervient contre les rebelles. Quatre gardes ont été tués.

Le conflit au Yémen a fait plus de 8.750 morts depuis mars 2015, dont plus de 1.500 enfants.

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