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09/12/2017 04:35 EST

Iran: lourdes peines pour l'ex-patron de la plus grande banque publique

Un ancien patron de la plus grande banque publique d'Iran, en fuite au Canada, a été condamné à plusieurs lourdes peines de prison pour une vaste escroquerie de 2,6 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros), a annoncé le pouvoir judiciaire samedi.

Mahmoud Reza Khavari, ancien PDG de la banque Melli qui a fui l'Iran pour le Canada en 2011, "a été condamné pour quatre chefs d'inculpation à de longues peines de prison, une amende en liquide et des compensations", a indiqué Gholamhossein Esmaeili, un haut responsable au sein de la justice à Téhéran, à l'agence de presse de l'autorité judiciaire, Mizan.

Il n'a pas donné plus de détails.

"Le procureur va vendre ses avoirs et sa peine sera ainsi en partie exécutée", a-t-il dit, ajoutant qu'il pouvait faire appel du jugement.

La justice iranienne avait émis un mandat d'arrêt international contre M. Khavari, citoyen canadien depuis 2005, mais le Canada n'a pas d'accord d'extradition avec l'Iran.

En septembre 2011, sous le mandat du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, les médias avaient révélé la découverte d'une escroquerie géante au sein du système bancaire iranien, montée par un groupe privé, Amir Mansour Aria Development Co.

Grâce à de nombreuses complicités et à de fausses lettres de crédit de la banque publique Saderat, honorées par une demi-douzaine d'autres établissements financiers du pays, le groupe avait racheté en deux ans une quarantaine de sociétés, dont l'une des principales aciéries du pays.

Une vingtaine de personnes avaient été arrêtées et le gouvernement avait démis de leurs fonctions trois patrons de banque.

Le PDG de Saderat, Saïd Kiani-Rezazadeh, a été condamné à mort mais il serait toujours en prison.

Le groupe Amir Mansour Aria Development Co. avait été créé par Mahafarid Amir Khosravi, un homme d'affaires condamné à mort et pendu en 2014 pour "corruption".

Son frère Mehrgan Amir Khosravi est en fuite et fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

Les avoirs de Mahmoud Reza Khavari, dont une maison notamment, "ne suffisent pas" pour compenser tous les préjudices, avait indiqué en novembre à l'agence de presse ISNA un avocat suivant le dossier.

Le scandale avait pris une connotation politique quand certains médias hostiles à l'ex-président conservateur Mahmoud Ahmadinejad avaient publié une lettre attribuée à son directeur de cabinet Rahim Esfandiar Machaie et demandant au ministre des Finances de l'époque de faciliter les opérations du groupe.

M. Ahmadinejad avait violemment dénoncé ces accusations.

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