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09/12/2017 01:24 EST

France - Motos et rock'n'roll: les fans de Johnny disent adieu à leur idole

De l'émotion, des motos et du rock n'roll: les fans de Johnny Hallyday affluaient en nombre samedi à Paris pour dire adieu à leur idole, décédé mercredi à l'âge de 74 ans.

Le cortège funéraire du rockeur français, escorté par des centaines de bikers, doit descendre les Champs Elysées à partir de 11H00 GMT en direction de l'église de la Madeleine, où aura lieu une cérémonie religieuse en présence de sa famille, du président Emmanuel Macron et de nombreuses personnalités du monde artistique et politique.

Une foule impressionnante s'est amassée dès les premières heures sur le parcours du cortège, certains tant arrivés dans la nuit pour trouver une bonne place sur les trottoirs, comme ces quatre Belges d'une cinquantaine d'années venus en voiture de Jodoigne près de Bruxelles.

"On veut rendre hommage à Johnny", dit à l'AFP l'un d'eux, Claude Broos, un plombier de 55 ans. "C'est toute ma vie, je l'écoute matin, midi et soir", a-t-il raconté.

Non loin, Johnny et Laetitia Bernard, 36 et 34 ans, sont venus du nord de la France avec leur fille de 11 ans, Aline. Ils n'ont pas dormi de la nuit. "C'était important de lui rendre un dernier hommage avec tout ce qu'il nous a apporté. De la joie, du bonheur. C'était un homme formidable", témoigne Johnny qui a vu son idole quatre fois en concert.

Combien seront-ils au final pour saluer le chanteur aux près de 60 ans de carrière et plus de 100 millions de disques vendus, qui a finalement rendu les armes, vaincu par un cancer des poumons ? Des centaines de milliers ? Des millions ? Cette semaine à l'Assemblée nationale, une députée a comparé sa disparition à celle de l'écrivain Victor Hugo, dont le convoi funéraire avait descendu les Champs-Elysées en 1885, suivi par deux millions de personnes selon la presse de l'époque.

- 'Héros national' -

Souvent méconnu à l'étranger, Johnny Halliday était un géant de la culture populaire en France où il n'avait pas que des fans, parfois taxé d'"évadé" fiscal", mais incontournable aux yeux de tous.

"Je n'ai jamais rencontré un Français qui soit incapable de citer plusieurs chansons de Johnny Hallyday", a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe, saluant une figure "constitutive de notre identité".

Le président français Emmanuel Macron, qui a qualifié Johnny de "héros national", prendra brièvement la parole pendant la cérémonie à la Madeleine diffusée sur grands écrans et sur les chaînes de télévision qui ont bouleversé leurs programmes pour l'occasion.

Un ancien collaborateur de Johnny Hallyday, Yvan Cassar, jouera au piano l'Ave Maria pendant la cérémonie.

Les musiciens de Johnny Hallyday jouaient sur le parvis de la Madeleine, sans chanteur. L'un d'entre eux, Alain Lanty, très affecté, a confié à l'AFP; "J'ai ressenti comme beaucoup de Français une grosse douleur, comme quand on perd un être très cher."

Devant l'église, des milliers de fans, parfois en larmes entonnaient les plus gros tubes du chanteur qui a importé le rock en France.

- 'C'est le King!' -

"C'est l'Elvis français, c'est le King!", lançait Noël Chemin, 50 ans, en polo à capuche siglé Johnny, parti à 04H30 du matin de Caen, à 250 km à l'ouest de la capitale française, avec sa femme et son fils.

Jusqu'à 700 bikers venus de la France entière, brassard noir au bras, se préparaient à suivre le cortège. "Pour l'accompagner, tout simplement", a expliqué l'un d'entre eux, Thierry Gondoin, à l'AFP TV.

La Ville de Paris s'est associée à l'hommage. "Merci Johnny" affiche depuis vendredi soir la Tour Eiffel, un message repris sur la façade de la salle de Bercy, où il a donné de nombreux concerts et où étaient aussi disposés des livres d'or.

Des rassemblements de bikers étaient annoncés dans d'autres villes de France alors que des chansons de la star résonneront dans tous les stades de football de Ligue 1 et de Ligue 2.

Johnny Hallyday sera enterré lundi sur l'île antillaise de Saint-Barthélémy, où il possédait une propriété et qu'il affectionnait tant. Sa dépouille partira dimanche matin par un vol direct.

Certains admirateurs commençaient déjà à économiser en vue du pèlerinage pour aller se recueillir sur la tombe de leur idole.

"C'est vrai qu'on aurait préféré qu'il soit enterré à Paris. Mais si c'est Saint-Barth, on va faire en sorte avec mon épouse de mettre de l'argent de côté pour pouvoir y aller, l'argent qu'on investissait avant dans ses concerts", explique ainsi François Le Lay, fan de Johnny depuis 1972.

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